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Analyses Saison 2020-2021

Neymar, grandeur et décadence

Nous reprenons le cours de nos bilans individuels de la saison écoulée avec Neymar Jr. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a beaucoup de choses à dire, malgré le faible nombre de matches joués. Autant en positif qu’en négatif. Décryptage de la saison hors normes d’un talent unique.

On a aiméOn a moins aimé
Voir à l’œuvre ce formidable créateur d’occasionsSes absences
Sa capacité unique à faire avancer le ballonSon impact négatif sur les résultats de l’équipe en Ligue 1
Sa double Masterclass contre le BayernSes loupés devant le but
Qu’il défendeSa nervosité enfantine

On a aimé

Voir à l’œuvre ce formidable créateur d’occasions

Neymar a pris du plaisir cette saison en Ligue 1 et cela s’est vu. Dans ses tentatives de dribbles, dans sa volonté de faire le spectacle, mais aussi dans son exceptionnelle faculté à créer du jeu, des occasions. Il y a du déchet, c’est inévitable (près de 30 % de ballons perdus), mais surtout du show et de la joie.   

Il n’y a évidemment pas d’indicateur pour mesurer cela (quoi que l’idée d’un questionnaire de satisfaction à remplir par les spectateurs à la fin des matches serait intéressante…), mais Neymar, c’est certain, ravit les fans et continue de se faire lever de leur canapé les téléspectateurs.

Ses coéquipiers aussi se délectent de ses arabesques et bénéficient des brèches qu’il crée. Et pour ça, on a quelques stats à disposition. Il est tout d’abord le joueur de Ligue 1 qui distribue le plus de passes clés (ramenées à 90 minutes) :

Avec 3.8 « key passes », il domine un trio 100 % « parisien » puisque Di Maria est second et Aouchiche (formé au PSG) est troisième.

Il est même le maître de cette catégorie statistiques parmi tous les joueurs des cinq principaux championnats européens :

Il devance Malinovskyi et De Bruyne. Di Maria et Nkunku figurent également dans ce top 10 européen.

Jamais dans sa carrière il n’avait été aussi généreux avec ses coéquipiers :

Son max avec Barcelone est de 3.1.

En quatre saisons au PSG, en cumulant Ligue 1 et Champions League, il en est à 288 passes clés. C’est autant que Pastore en sept saisons. Avec les 78 qu’il a distribuées cette saison, il a dépassé Ibrahimovic (244), Nenê (273) et Lucas (281) et se trouve désormais au 3ème rang « historique » (depuis 2009 en tous les cas) des joueurs du PSG en nombre de passes clés, derrière Di Maria (524) et Verratti (317).

Il est l’auteur des deux meilleures performances individuelles du PSG cette saison avec 8 passes clés face à Dijon et Reims (dont 3 passes décisives) :

Seul petit bémol : en Champions League, sa moyenne de passes clés n’est que de 2.3. Il s’agit de son plus bas niveau depuis sa campagne 2014-2015 avec le Barça.

Il termine la saison de Ligue 1 avec seulement 5 passes décisives mais il aurait mérité plus : le site understat.com le crédite de 7.5 expected assists.

En tous les cas, on ne peut que se réjouir de voir un Neymar altruiste, distribuant caviar sur caviar à ses partenaires, loin du cliché du joueur hyper individualiste.

Evidemment, il lui arrive aussi de jouer pour lui et de privilégier la frappe plutôt que la passe. On verra plus bas que cela ne lui a pas trop réussi. Mais il a cette capacité à tromper l’adversaire et à se mettre dans des positions idéales pour trouver un partenaire démarqué ou bien tirer lui-même.

Toujours selon understat.com, il a généré par ses tirs 13.3 expected goals cette saison en Ligue 1. Ramené à son temps de jeu, cela correspond à 0.84 xG par 90 minutes et fait de lui le second joueur de Ligue 1 au plus haut ratio derrière Mbappé :

Si l’on cumule expected assists et expected goals, il n’est plus second mais numéro 1 du championnat en termes d’occasions créées (pour lui-même ou pour les autres) :

Au classement cumulé des xG et xA par 90 minutes, Neymar survole la Ligue 1 (1.32), devant Mbappé (1.06) et Icardi (0.97).

Charge à lui et à ses coéquipiers d’être plus réalistes la saison prochaine pour transformer tout cela en buts et passes décisives.

Un autre indicateur fourni par fbref.com permet de mesurer l’impact du Brésilien en termes d’occasions. Il s’agit des « actions amenant un tir » : en plus des passes clés vus précédemment, on intègre principalement dans cet indicateur les fautes commises sur un joueur qui amènent un coup-franc tiré, les dribbles et les tirs qui peuvent eux-mêmes conduire à un autre tir.

Les présentations étant faites, que nous dit cette data ? Que dans les cinq grands championnats européens, Neymar est le joueur qui crée le plus d’occasions à la minute :

Avec 8.3 actions conduisant à un tir par 90 minutes, il devance assez nettement Messi (7.2) et De Bruyne (6.4), excusez du peu.

Par curiosité, voici le détail des actions ayant conduit aux tirs des 10 joueurs les plus créatifs de la saison 2020-2021 :

On voit qu’à part en défendant (c’est-à-dire en contrant la relance adverse), Neymar dispose de toute la panoplie pour générer des occasions : passes dans le jeu, passes sur coup-franc ou corner, dribbles, tirs, fautes subies…

Une capacité unique à faire avancer le ballon

Au PSG, Neymar est le joueur qui fait le plus avancer le ballon par ses chevauchées vers le but.

Avec 245 mètres toutes les 90 minutes, il devance quatre milieux de terrain (Verratti, Gueye, Paredes et Rafinha). C’est en fait peu banal tant cet indicateur est trusté habituellement par des milieux ou des défenseurs. D’ailleurs les autres joueurs à vocation offensive du PSG sont très loin derrière.

En fait, dans toute la Ligue 1, parmi les joueurs à au moins 1000 minutes, il n’y a que Saliba et Todibo, les deux défenseurs centraux de Nice, qui ont fait mieux que lui.

Voyant cela, nous nous sommes plongés dans les données des acteurs des cinq principaux championnats européens. Cela donne le classement suivant :

Neymar est 11ème d’un classement qui compte 9 joueurs au profil défensif devant lui. Les deux seuls milieux ou attaquants qui le précèdent sont Luis Alberto de la Lazio et Messi. L’écart entre l’Argentin et le Brésilien est d’ailleurs infime (1 mètre). Ces deux-là ne se lâchent décidemment plus !

Il n’est d’ailleurs peut-être pas idiot d’imaginer que Neymar s’est inspiré du style de Messi et de ses grandes chevauchées balle au pied. Même si l’on a parfois tendance à regretter que le Brésilien revienne parfois très bas rechercher le ballon pour créer du déséquilibre, il faut reconnaître que ses conduites de balle vers le but sont souvent destructrices.

Mais il n’y a pas que par la « conducción » que Neymar crée des différences. Il est aussi un des spécialistes mondiaux de ces passes dites progressives (en gros le joueur fait une passe qui fait plus avancer le jeu que les 6 dernières passes de son équipe). Vous retrouverez la définition exacte sur le site fbref.com qui suit cette stat. 

Quoi qu’il en soit, en Ligue 1, Neymar est simplement devancé par son coéquipier Paredes pour ses passes progressives sur 90 minutes (9 pour l’un, 8.5 pour l’autre). Et au niveau européen, cela donne ceci :

Neymar est donc 7ème d’un classement dominé par Luis Alberto, Kimmich et encore Messi.

Ces deux dernières stats reflètent bien ce sentiment que l’on a lorsque l’on voit Neymar évoluer : un joueur qui cherche toujours à jouer vers l’avant. Cela génère un nombre de duels incalculable (ou plutôt si, chiffré à près de 11 duels gagnés par 90 minutes, personne ne fait mieux en Europe) mais cela fait surtout avancer le ballon.

Il a d’ailleurs un taux de mètres parcourus vers l’avant par ses passes très haut pour un joueur se situant le plus souvent dans une position très avancée. On voit dans le graphique ci-dessous que ce sont plutôt des défenseurs qui ont habituellement ce type de ratio élevé.

Au PSG, il n’est devancé que par Diallo (autre joueur qui a un vrai souci de jouer vers l’avant) pour cet indicateur qui signifie que 35 % de la distance parcourue par ses passes s’est faite vers le but adverse.

Sa double Masterclass contre le Bayern

On pourrait aussi revenir sur son but dingue à Old Trafford où il mystifie toute la défensive mancunienne presque à lui seul pour marquer le troisième but parisien en toute fin de match. Mais comment ne pas mettre en avant sa double prestation en quart de finale de Champions League face aux tenants du titre ?

A l’aller, positionné en second attaquant aux côtés de Mbappé, il n’était pas à 100 % physiquement et n’a pas eu son volume de jeu habituel. Il n’a touché que 50 ballons et réussi que 19 passes mais chacune de ses initiatives constitua un bol d’air pur pour une équipe en souffrance face aux vagues munichoises.  

Il offre le premier but à Mbappé en récupérant lui-même le ballon dans les pieds de Kimmich puis, après un relais avec Di Maria il perfore la défense et sert idéalement son copain.

Sa deuxième passe décisive de la soirée, 25 minutes plus tard, est un bijou. Sur un corner repoussé par les Allemands, il voit Marquinhos s’aligner intelligemment et lui envoie du gauche sans contrôle un amour de ballon que son compatriote exploitera calmement. Contrôle, tir du plat du pied et but !

Vous connaissez par cœur ces actions mais rien que pour le plaisir on vous les rappelle. Chair de poule garantie.

Hormis ses deux passes décisives, ses stats sur ce match ne sont pas dingues (1 tir, 40 % de ballons perdus, 1 dribble réussi sur 3) mais par sa maestria il a fait très mal à l’adversaire. Et il s’est dépouillé sur le terrain : 35 actions de pressing réalisés, deuxième plus haut total d’un Parisien en Champions League (après les 36 de Gueye lors du même match).

Au retour, il joue une autre partition, tout aussi grandiose.

On ne saurait mieux la résumer que Philippe Goguet pour Culture PSG à l’issue du match : « Après sa finale ratée à Lisbonne, le Brésilien a pris sa revanche sur le Bayern, à l’exception d’un Manuel Neuer décidément invincible face à lui. Car si Neymar n’a pas trouvé le chemin des filets malgré quatre grosses occasions, il a malgré tout été l’auteur d’un match d’une immense qualité. Très bien entré dans la partie, il s’est baladé entre les lignes et a joué terriblement juste, comme à l’aller. Inarrêtable pour les défenseurs qui n’ont souvent trouvé d’autre solution que de faire faute pour l’arrêter, il a notamment signé une première période de très haute volée. Solution permanente pour son équipe, il a fait un bien fou en assumant en permanence de prendre le ballon sans jamais le perdre. Bien que moins régulier dans sa brillance en seconde période, il a malgré tout continué de produire régulièrement des actions de classe mondiale et de provoquer des fautes adverses. En fin de partie, il a aussi parfois un peu manqué de lucidité, possiblement par manque de rythme, mais a signé une de ses meilleures performances à Paris. Du très grand Neymar, même s’il aura manqué un but pour parachever cette symphonie légèrement inachevée. »

Voilà pour les lettres. Les chiffres sont logiquement du même acabit :

Et puisqu’il n’a pas marqué (malgré deux montants), l’image que l’on retiendra de ce match, c’est évidemment sa joie très démonstrative avec Paredes au coup de sifflet final :

Qu’il défende

Honnêtement, cela n’avait pas forcément sauté aux yeux lors de la diffusion des matches. Mais les chiffres sont là : Neymar n’avait jamais produit autant défensivement depuis son arrivée au PSG, et même durant toute sa carrière, que lors de la saison 2020-2021.

Avec 2.73 tacles tentés par 90 minutes, il fait légèrement mieux qu’en 2017-2018 qui était jusque-là son année de référence (2.67).

La moyenne de ses sept premières saisons européennes était de 1.9 tacles.

Aussi fou que cela puisse paraître, Neymar est même dans le Top 10 des joueurs parisiens en matière de tacles tentés :

Il devance même tous les défenseurs de l’équipe sauf Kurzawa.

Cet investissement défensif supplémentaire n’est cependant pas vraiment récompensé. En effet, son taux de réussite dans ses tacles est quant à lui au plus bas (33 %), dans tous les sens du terme : au plus bas dans sa carrière et aussi parmi l’ensemble du groupe parisien. Mais c’est l’intention qui compte, non ?

Surtout que cette donnée des tacles n’est pas isolée : avec 0.6 interceptions (par 90 minutes), il réalise sa meilleure saison et devance tous les attaquants sauf Draxler. Sa moyenne avec le PSG jusque-là était de 0.3 interceptions.

Les stats relatives au pressing confirment cette volonté du Brésilien de montrer l’exemple à son copain Mbappé :

A l’inverse du nombre de tacles, le nombre de pressions tentées n’est pas extraordinaire mais cette fois c’est lui qui a le meilleur taux de réussite de tous les joueurs offensifs parisiens (31 %).

En outre, pour cet indicateur-là également, il n’avait jamais atteint un tel niveau depuis son arrivée en France :

La stat ci-dessus concerne la Ligue 1 mais c’est en Champions League qu’il a atteint son apogée sur un match avec 35 actions de pressing à Munich (9 réussies). Il n’y a que Gueye qui en a tenté plus que lui cette saison lors d’un match européen.

Tous ces efforts ne sont pas complètement vains puisqu’au final, il récupère 3.8 ballons par match, soit la deuxième meilleure performance des attaquants du PSG :

Dernier élément intéressant concernant les efforts sans ballon du Brésilien : la majorité de ses stats sont en hausse suite au changement de coach. Sa moyenne de tacles tenté double même entre Tuchel (1.7) et Pochettino (3.4). Même chose pour le pressing : sa moyenne passe de 9.6 à 16 entre 2020 et 2021.

Comment interpréter cela ? Un regain de forme physique ? La volonté de montrer au nouveau boss que l’on sera exemplaire ? Le profil des équipes rencontrées ? Les consignes du coach ? Certainement un peu de tout ça. Il n’y a plus qu’à espérer que cela dure et que ce sera contagieux pour son partenaire d’attaque Mbappé.

En tous les cas, il va falloir relativiser le discours récurrent sur la non-participation du capitaine de la Seleção à la partie défensive de son métier.

On a moins aimé

Ses absences

Cela a été dit et répété une grande partie de la saison, mais il est inévitable de revenir sur les absences de Neymar avec quelques chiffres.

La saison écoulée, le Brésilien a disputé 27 des 50 matches possibles du PSG (Ligue 1 + Champions League), soit 54 %. En minutes, comme dans le graphique ci-dessous, c’est encore plus parlant : 2 163 des 4 500 minutes possibles, soit même pas la moitié du temps de jeu possible (48 %).

Le graphique ci-dessus révèle plusieurs autres éléments :

  • Il avait eu le même taux de présence en 2018-2019 (48 % des minutes) tout en disputant une part encore moins importante des matches que cette saison (50 % contre 54 %).
  • En moyenne depuis son arrivée au PSG, il a disputé 52 % des minutes possibles (et 55 % des matches), contre 77 % avec Barcelone. Sa moyenne en Catalogne est d’ailleurs en partie plombée par sa première saison à seulement 58 %. Sur les trois dernières, il a été présent entre 80 et 90 % du temps
  • Avec le PSG, il n’a jamais disputé une saison à plus de 58 % des minutes possibles : son point haut avec le PSG correspond donc à son point bas avec le Barça !

Le graphique ci-dessous nous permet d’affiner les chiffres par compétition :

Il est beaucoup plus présent en Champions League qu’en championnat local. Il y a bien sûr une gestion de son temps de jeu par les staffs techniques qui entre en ligne de compte, mais aussi le hasard des blessures qui le prive davantage des matches de championnat.

Ainsi, sa moyenne de minutes jouées avec le PSG en Ligue 1 est de 47 % (contre 73 % en Liga) et de 71 % en Champions League. C’est bien sûr insuffisant mais cela reste correct. Surtout que ces deux dernières saisons, il n’a pas raté une minute à partir des quarts de finale (et même les 1/8èmes la saison précédente). C’était l’inverse lors de ses deux premières saisons dans la capitale où il avait au contraire disparu lors des matches éliminatoires.

Alors que, selon www.transfermarkt.fr, il n’avait raté que 29 matches sur blessures en quatre saison en Catalogne, il en a manqué 82 au PSG ! Cette saison, ce sont les adducteurs et la cheville qui ont été touchés. Si vous ajoutez à cela les suspensions, on comprend mieux comment il se retrouve à seulement 52 % des minutes jouées depuis son arrivée en France.

Cette saison, il a en effet manqué 5 matches pour suspension (uniquement en Ligue 1).

Si l’on ajoute aux suspensions les 5 matches ratés pour d’autres raisons diverses ces deux dernières saisons, (covid, repos, instance de transfert), on recense 13 matches manqués pour d’autres motifs que la blessure, soit un tiers de ses absences totales. Comme s’il avait besoin de ça !

On reviendra ultérieurement sur les raisons de ses suspensions. Pour essayer de comprendre les causes de ses blessures, nous nous sommes intéressés à ses stats de dribbles et de fautes subies entre les périodes catalane et parisienne.

Il tente plus de dribbles avec Paris qu’avec Barcelone (9.6 contre 8) et subit plus de fautes (4.3 contre 3.9).

Cette saison, on comptabilise 10 matches (Ligue 1 et Champions League) à au moins 10 dribbles tentés. Il est monté à trois reprises à 14.

Avec 9.8 dribbles tentés/90 minutes cette saison, il est même le joueur le plus dribbleur parmi les cinq principaux championnats européens :

Il dribble donc plus avec le PSG qu’avec Barcelone et est donc plus sujet à des blessures sur ce type de prise de risque individuelle.

On pense, pour cette saison, au méchant tacle de Mendes contre Lyon en décembre qui lui a fait rater cinq matches, ou à celui du caennais Yago en coupe de France. Suite à cette dernière blessure, il manquera sept matches dont la double confrontation barcelonaise qui lui tenait tant à cœur et, surtout, le match face à Monaco perdu au Parc des Princes.

Donc oui, au moins pour cette saison, une majorité des matches manqués l’ont été suite à des blessures contractées en cours de match en raison de fautes commises par l’adversaire.

Que faire ? Doit-il changer son style de jeu ? Se dénaturer pour être moins sujet aux tacles ? Ou n’est-ce pas plutôt au corps arbitral de réellement sanctionner les fautes sur la star brésilienne ? Certes, le nombre de faute sifflées sur Neymar est plus important qu’en Liga. Mais la hausse est plus faible que celle des dribbles tentés. Elle est même deux fois plus faible (+ 10 % contre + 20 %).

Est-il moins protégé ? C’est notre impression, à la fois parce qu’il est victime de sa réputation, justifiée, d’en rajouter sur les contacts adverses, mais aussi parce qu’en Ligue 1 notamment, le climat ambiant considère comme du chambrage une partie de ses dribbles et qu’il n’est pas arbitré comme il le devrait.

La comparaison des coups de sifflet en sa faveur entre le championnat et la coupe d’Europe vient d’ailleurs confirmer cette impression :

Depuis son arrivée au PSG, trois saisons sur quatre, il a bénéficié de plus de coups de sifflet en Champions League qu’en Ligue 1. C’était l’inverse en Liga.

D’ailleurs, cette saison en Champions League, personne avec plus de 5 matches joués et 400 minutes, n’a subi plus de fautes que lui. L’écart avec les autres joueurs est même considérable :

Son impact négatif sur les résultats de l’équipe en Ligue 1

Il a fallu qu’on se frotte les yeux pour y croire, puis qu’on refasse les calculs pour être sûr. Sûr de ce qu’on voyait : avec 1.9 points par match, Neymar affiche la plus basse moyenne de points de l’ensemble des joueurs parisiens (à égalité avec Paredes et Kimpembe). Cela signifie qu’en Ligue 1, lors des matches disputés par son numéro 10, le PSG n’a gagné qu’1.9 points en moyenne.

Dans le détail, cela donne 11 victoires, 2 nuls et 5 défaites. Même s’il n’a pas disputé la moitié des matches de Ligue 1, il était néanmoins présent lors de cinq des huit défaites. Il a même disputé les 90 minutes des défaites contre Marseille, Lyon (il sort une civière dans les arrêts de jeu), Lorient et Lille (expulsé dans les arrêts de jeu). Il dispute la dernière demi-heure du match perdu à Monaco. 

Ce match contre Monaco illustre d’ailleurs l’impact négatif de la présence de Neymar sur les points gagnés par le PSG en Ligue 1 : quand il fait son entrée, l’équipe mène 2-1. Elle encaisse l’égalisation cinq minutes plus tard puis le troisième but à six minutes de la fin. Bien sûr, Neymar n’est pour rien dans ces buts encaissés, mais offensivement son entrée n’a rien produit non plus. Poids défensif et stérile offensivement, Neymar ? Vraiment ?

C’est en tous les cas ce qu’indique un autre indicateur fourni par le site www.fbref.com : il calcule précisément le différentiel entre les buts marqués et encaissés par une équipe, ici le PSG, en fonction de la présence de tel ou tel joueur sur le terrain. Et cet écart est assez cruel pour le dernier finaliste de la Copa America : quand il a été sur le terrain, le PSG a marqué 32 buts en a encaissé 15, soit un différentiel de seulement +17 qui en fait l’un des plus faibles de l’équipe. Ramené à son temps de jeu, cela signifie que lorsqu’il joue l’écart entre les buts marqués et encaissés est de 1.1 par 90 minutes.

Ce différentiel de 1.1 buts est le plus faible de tout l’effectif, après Kimpembe.

Pour synthétiser : alors qu’en moyenne le PSG a gagné 2.2 points par match en Ligue 1, avec Neymar il n’en empoche qu’1.9. Même constat pour le rapport entre les buts inscrits et encaissés : différentiel de 1.5 tous matches confondus, mais simplement de 1.1 avec Neymar sur le pré.

Un dernier graphique pour encore mieux illustrer la corrélation négative entre la présence de Neymar et le score parisien :

Ce graphique nous dit qu’avec Neymar sur la pelouse, le PSG marque moins de buts (2 contre 2.4) et en encaisse plus (1 contre 0.6). Si l’on peut presque comprendre que la défense soit plus sollicitée quand Neymar, assez chiche de ses efforts défensifs, est là, on a plus de mal à admettre que l’attaque soit moins performante. C’est malheureusement le cas.

Bien sûr, corrélation ne veut pas dire causalité et bien d’autres facteurs influent sur le résultat. Néanmoins, la corrélation est suffisamment forte pour être clairement mise en avant. On verra d’ailleurs dans le point suivant une des explications de ce curieux phénomène.

Ses loupés devant le but

Une autre donnée fournie par www.fbref.com nous indique que, certes le PSG n’a marqué que 32 buts avec Neymar sur le terrain, mais qu’il « aurait dû » (selon le modèle des expected goals) en marquer 39.

Cela permet d’affiner l’analyse de l’impact de la présence de Neymar sur le terrain : le PSG n’a donc pas inscrit beaucoup de buts mais il aurait dû en marquer beaucoup plus. 7 exactement. Par conséquent, si le PSG a inscrit si peu de buts avec Neymar dans ses rangs, ce n’est pas faute d’avoir eu les occasions.

Et devinez qui est le principal responsable de cet écart négatif entre les buts marqués et attendus ? Neymar himself !

Lors de la saison écoulée, il présente un différentiel négatif de 4.3 buts : il n’en a marqué que 9 alors que, compte tenu des positions de tirs qu’il a eues, il aurait dû en inscrire 13.3. L’écart est même légèrement plus important si l’on enlève les pénaltys de l’analyse (4 buts inscrits contre 8.7 attendus).

Le Brésilien affiche tout simplement le différentiel le moins favorable de tout l’effectif parisien.

C’est légèrement problématique quand on est le joueur vedette, le mieux payé, sur qui l’équipe doit s’appuyer. On remarque au passage que quatre (Neymar, Icardi, Di Maria et Sarabia) des sept attaquants sont en rouge dans le graphique donc en négatif.

L’impact négatif de la présence de Neymar sur les buts marqués et les résultats du PSG vient donc principalement de son propre manque de réalisme.

Le détail par match ci-dessous nous indique qu’il n’y a que 5 matches sur les 18 disputés où il a plus marqué que ce que le modèle prévoyait.

Les plus grosses contre-performances en matière de réalisme offensif de Neymar sont les suivantes :

  • Dijon (-2 xG) : Incroyable loupé où après avoir trouvé le poteau d’Allagbé de la tête, il rate le cadre du gauche alors que le but est grand ouvert. Il ratera aussi son piqué du gauche en face-à-face avec le gardien en 2ème mi-temps.
  • Marseille (-1) : 6 tirs en tout lors de ce match, mais un seul cadré et surtout il lui manque quelques centimètres pour reprendre un centre de Sarabia à la 69ème. Dans les six mètres, il se jette et touche le ballon sans pouvoir le mettre au fond.
  • Brest (-0.8) : son pénalty manqué le prive d’un parfait 6/6 dans cet exercice en Ligue 1 sur la saison
  • Lille (-0.7) : dans ce match au sommet en fin de saison, Neymar est l’un des rares Parisiens à avoir su se créer des occasions mais il a tout raté devant le but
  • Reims (-0.5) : après un slalom incroyable côté gauche où il élimine 3 joueurs, il se présente idéalement face à Rajkovic mais ouvre trop son pied et ne trompe pas le gardien alors qu’il est dans les 6 mètres

On pourrait citer d’autres loupés de Neymar mais rien qu’avec ces cinq matches-là, on cumule cinq expected goals pour aucun but réel… Cinq buts qui auraient fait un bien fou parce que le score aurait été tout autre (contre Marseille et Lille en tous cas) et que le talent de Neymar doit lui permettre de marquer.

Neymar illustre à lui seul le paradoxe de cette saison parisienne : sans être réellement performant, le PSG était dans la course au titre jusqu’au bout. Mais il a été trahi par ce qui est censé être sa force, à savoir l’efficacité devant le but.

Est-ce que Neymar est coutumier du fait ? En grande partie, oui.

Lors de cinq des sept saisons où la stat est disponible (sur www.understat.com), il a moins marqué que ce que le modèle prévoyait compte tenu des situations dans lesquelles il a tiré.

Sur ses trois dernières saisons catalanes, il présente un différentiel négatif de 6 buts. Au PSG, il avait été très réaliste lors des deux premiers exercices (+5.6 en cumulé) mais est en échec depuis deux ans. Sa maladresse devant le but a atteint son paroxysme cette saison avec cet écart négatif de 4.3 buts.

Un autre indicateur vient confirmer les difficultés du Brésilien devant le but. Il n’a cadré que 21 des 70 tirs réalisés cette saison, soit 30 %.

Seul Di Maria, qui tire majoritairement de loin (50 % de ses frappes), a un moins bon taux que lui parmi les joueurs offensifs du PSG en Ligue 1. Mbappé est loin devant avec 53 % de tirs cadrés (mais avec seulement 15 % de tirs de loin, contre 43 % pour Neymar).

Lors de 7 matches de Ligue 1 sur 18 (dont la double confrontation contre Lyon), il n’a tout simplement pas cadré une seule frappe, contre 9 en cumulé lors de ses trois premières saisons parisiennes.

L’écart par rapport aux saisons antérieures est important :

Ses 30 % de tirs cadrés sont nettement son moins bon taux en carrière. Il tournait en moyenne jusque-là à 46 %. En outre, son taux était croissant depuis 2016 et jusqu’à atteindre 52 % en 2019-2020.

Ses 1.3 tirs cadrés sont logiquement également sa moins bonne performance en carrière. Sa moyenne avant cette saison était de 1.8.

Une dernière stat pour confirmer les mises en échec répétées de Neymar face au but cette saison : alors qu’il marquait un but tous les 4.6 tirs lors de ses trois premières saisons au PSG, il lui en fallu 7.8 en 2020-2021.

Sur l’ensemble de sa carrière européenne, avant la saison écoulée, il marquait un but tous les 5.3 tirs. Sa dernière saison sous les couleurs parisiennes est donc vraiment atypique. Une partie de l’explication provient de ses moins bonnes situations de tir puisque son ratio d’expected goal/tir était au plus bas cette saison (18.9 % de marquer à chaque frappe contre 20.4 % en moyenne depuis son arrivée en Ligue 1).

Ce qui inquiète en revanche, c’est sa courbe des trois derniers exercices où il lui faut chaque année plus de tirs pour marquer.

Une tendance qui s’est malheureusement confirmée lors de la Copa America cet été puisqu’il a certes marqué deux buts, mais il lui a fallu 22 tirs pour cela. Soit un ratio de 11 tirs pour un but indigne de son talent. Il n’a cadré que 6 de ses 22 tirs, soit un taux de 27 % là encore assez mauvais.

On en rajoute une dernière couche avec son différentiel durant la compétition sud-américaine entre les buts inscrits (2) et les expected goals (4.7). Un écart de -2.7 qui en fait même le plus mauvais joueur de la compétition. Messi est à +1.2, Paqueta est en tête avec +1.3.

Sa nervosité enfantine

Non, Neymar n’est pas un joueur méchant. Pas de tacles au genou ou de prises de judo dans son arsenal. Ce sont plutôt ses adversaires qui font usage de la violence pour l’arrêter. Pourtant, avec 2 cartons rouges cette saison en Ligue 1, il est l’un des joueurs les plus exclus (2ème à égalité avec 10 autres joueurs, derrière le Rémois Cassama).

Plus dingue encore, avec 2.1 fautes commises par 90 minutes, il est le Parisien le plus sanctionné en Ligue 1 après Kurzawa :

La moyenne des autres attaquants parisiens cette saison est de 0.8. Il n’y a que Kean, régulièrement pris en défaut par l’arbitre pour ses « prises de position » dos au but qui se distingue également.

Jamais dans sa carrière, Neymar n’en avait commis autant :

Même constat pour les expulsions, jamais il n’avait été exclu deux fois dans la même saison jusqu’à présent :

Avec Barcelone, il n’avait été expulsé qu’une seule fois en quatre saisons. Par contre, il recevait en moyenne 6 cartons jaunes. Situation inverse avec Paris : 4 cartons rouges et « seulement » 10 jaunes en 4 ans (soit 2.5/an).

On peut ajouter au tableau, assez noir, 10 avertissements en 29 matches de Champions League, dont 3 cette saison (contre les 2 Manchester et Leipzig).

Le point commun de ces deux expulsions face à Marseille et Lille est évident : quand la tournure des événements ne lui est pas favorable et qu’on le provoque un peu, le Brésilien a tendance à voir ses nerfs le lâcher.

Contre l’OM, vainqueur 1-0 au Parc, il a été la cible perpétuelle des hommes de Villas-Boas qui ont commis 7 fautes sur lui (soit le 2ème plus haut total de la saison après les 8 de Dijon). Il n’a d’ailleurs cessé de provoquer ses adversaires balle au pied puisqu’il est impliqué dans 26 duels au total sur la rencontre. Il a connu beaucoup de déchets puisqu’il a perdu 31 % des ballons qu’il a joués. Il dit également avoir été victime d’injures racistes de la part d’Alvaro. En fin de match, il tombe dans le piège tendu par Benedetto qui cherche à le faire dégoupiller et fini exclu pour une gifle sur Alvaro.

Scénario en partie similaire face à Lille en fin de saison : dans une autre partie électrique qui échappe là aussi au PSG, il récolte un premier carton pour un mauvais geste sur Andre (auteur de 5 fautes dans le match et seulement averti à la 87ème) et sera expulsé en fin de match en se chamaillant pour un ballon en touche avec Djalo. Là encore, il avait été ciblé (6 fautes sur lui). Et là encore, entre duels perdus (14 des 23 qu’il a disputés) et ballons rendus à l’adversaire (31 % des ballons joués), c’est toute sa frustration qui ressortait dans ses altercations à répétition.

Ce n’est pas nouveau et les adversaires savent bien ce qui fait dégoupiller la star brésilienne. Dès sa première saison en France, il avait été exclu, déjà dans un Classique, en répondant à la provocation d’Ocampos. Les ficelles sont souvent grosses (le cinéma d’Ocampos en 2017 n’a d’égal que celui de Benedetto en 2020) mais les arbitres ont aussi la main à la poche rapide pour exclure Neymar. En tous les cas, plus que pour sanctionner les fautes à répétition dont il est l’objet.

Notre diagnostic : Neymar est une superstar qui a l’habitude que tout lui réussisse, qui ne connaît que rarement la défaite, et qui a une sensibilité à fleur de peau. Quand lui ou son équipe est en difficulté et qu’on le provoque un peu, il se comporte comme cet enfant gâté à qui l’on refuse exceptionnellement une faveur. Faute d’habitude, s’estimant victime d’injustice, il ne sait pas comment réagir et se laisse emporter par ses émotions. C’est grave ? En début de carrière, non. Au PSG, à 29 ans, oui.

Bilan : 6.5/10

Comment juger au final la saison de Neymar Jr ? C’est compliqué tant ce joueur, au cours d’un match, voire même d’une action, est capable de passer du profondément génial au terriblement agaçant. Que faut-il retenir ? Ses exploits répétés en Champions League ou sa saison pathétique en Ligue 1 ? Ses incroyables dribbles chaloupés ou ses pétages de plomb ?

Surtout, quand est-ce que l’un des plus grands talents de sa génération va-t-il enfin se comporter en un professionnel irréprochable ?

Enfin, est-ce que l’arrivée de son ami Messi va lui permettre de gagner en régularité en lui ôtant une partie de la pression qu’il a sur ses épaules ? Après avoir quitté Barcelone pour être au centre du projet, ne délivre-t-il pas en fait la meilleure version de lui-même quand il est le numéro 2 ?

Cela fait beaucoup de questions. On a hâte d’avoir les réponses !

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