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St Etienne-PSG (1-3) : Les premiers pas, de patron, de Sergio Ramos en chiffres

C’était l’événement de ce match dominical à Geoffroy Guichard : Sergio Ramos, le capitaine emblématique du Real Madrid, faisait enfin ses grands débuts avec le PSG, plus de quatre mois après sa signature. L’attente était aussi grande que le palmarès surdimensionné du bonhomme. Et le résultat est impressionnant. Le détail en chiffres.

On ne va pas y aller par quatre chemins : l’ensemble de la prestation du champion du monde 2010 est de très haut niveau. A tel point que pour la lisibilité de cet article, il a fallu faire un choix parmi les domaines où Ramos avait été le plus impressionnant.

Voici ci-dessous le détail de sa « feuille de stats » :

En un match, dans plusieurs catégories statistiques, l’Espagnol a établi des perfs qui le situent d’ores-et-déjà parmi les plus fortes de la saison du PSG.

Bien sûr, il n’y a qu’un match de disputé donc il faudra confirmer sur la durée. En outre, l’expulsion d’un Stéphanois peu avant la mi-temps a rendu le match plus facile pour les Parisiens et favorise donc ce type de données bien au-dessus de la moyenne. Mais, dans de nombreux secteurs, Ramos se classe parmi les meilleurs de son équipe, et souvent même le meilleur.

Nous allons donc nous focaliser sur les stats les plus impressionnantes de cette première de l’ancien Madrilène, en commençant par les données avec ballon.

On peut déjà relever qu’avec 110 ballons touchés, il fut le 2ème Parisien le plus souvent en possession du cuir. C’est dire à la fois la confiance qu’inspire le joueur et les responsabilités qu’il n’a pas peur d’endosser.

Seul l’étonnant Di Maria, qui bat au passage son record personnel sur les 6 dernières saisons, fait mieux que Ramos. On notera également l’écart colossal de ballons joués entre le nouveau venu et le capitaine Marquinhos qui joue pourtant au même poste que lui (67). Le Brésilien est par conséquent loin de sa moyenne de la saison, qui est d’ailleurs aussi celle de Kimpembe (81).

On ne sait pas quelle est la poule et quel est l’œuf, mais en tous les cas la relance, et le jeu, parisiens ont sérieusement penché à gauche. Whoscored indique que 40 % des offensives du PSG eurent lieu côté gauche, contre seulement 25 % à droite.

Bon, d’accord, Ramos a touché beaucoup le ballon (il était en manque !), mais pour en faire quoi ? Pour le faire avancer, pardi !

Le site fbref.com indique que le nouveau numéro 4 parisien a gagné à lui seul 886 mètres. C’est beaucoup ? Oui, c’est même le record du match.

Là aussi l’écart avec ses coéquipiers impressionne : Di Maria est second avec 712 mètres et Marquinhos est loin derrière avec 456.

La performance est même tellement colossale qu’il n’y a que Paredes qui a fait mieux sur un match cette saison dans les rangs parisiens :

On le voit, c’est principalement par la passe que l’Espagnol a fait progresser le jeu parisien. Trois stats viennent témoigner de la qualité de son match dans ce domaine : tout d’abord les passes réussies vers le dernier tiers. Avec 14 réalisations, Ramos établit le record du match et signe du même coup la 5ème meilleure marque d’un Parisien cette saison.

Même constat avec les passes progressives : il en a effectué 13, Top 1 du match et Top 4 de la saison.

La performance est d’autant plus remarquable que ce sont rarement des défenseurs que l’on trouve en tête des classements de cet indicateur.

Enfin, pour réaliser une bonne partie de ces passes, Ramos a usé d’une de ses armes favorites, qui va faire un bien fou au PSG : le jeu long. On pourrait écrire des pages entières sur cette lacune récurrente du jeu parisien.

On se contentera de rappeler que le PSG, tout en étant l’équipe qui effectue, et de loin, le plus de passes en Ligue 1 (643 par match, soit 16 % de plus que toute autre formation), est celle qui tente (34.3) et réussit (23.2) le moins de passes longues.

Avoir affronté à sept reprises ces treize derniers mois des formations aux incessants renversements comme le Bayern (53 passes longues par match) ou Manchester City (46 ), n’a même pas donné des idées au PSG qui prend toujours autant son temps pour passer d’une aile à l’autre, laissant tout le loisir au bloc adverse de coulisser.

La donne devrait changer avec Sergio Ramos et ses transversales légendaires. Il n’a d’ailleurs fallu attendre que 3’30 pour le voir trouver Hakimi dans une parfaite diagonale qui risque de devenir une nouvelle arme du jeu parisien, pour peu que les automatismes se créent (et que le Marocain reçoive le ballon en étant lancé et non pas arrêté comme dimanche).

On voit sur l’image ci-dessus que la transversale de Ramos a certes permis de changer le jeu mais n’a pas provoqué de décalage. On verra avec le temps, et une possible défense à trois centraux, si le PSG est en mesure d’optimiser la passe longue de Ramos en fixant davantage d’adversaires côté gauche avant de renverser vers Hakimi.

Les promesses sont en tous les cas déjà là et, sur ce match, l’Espagnol a réussi 7 passes longues sur les 9 tentées :

Il n’y a que Marquinhos (11 contre Clermont) et Danilo (8 contre Angers) qui ont fait mieux cette saison sur un match.

Il a d’ailleurs contaminé ses coéquipiers puisque le PSG a réussi 83 % des passes longues tentées, un record cette saison (la moyenne était de 67 % avant ce match).

Compte tenu de ses antécédents en la matière, des records pourraient être battus cette saison au PSG. Il n’aura en toute logique aucun mal à faire mieux que ses coéquipiers. On rappellera que cette saison c’est Marquinhos qui réussit le plus de passes longues avec 4.7/90 minutes. La moyenne de Ramos lors des cinq dernières Liga ? 6.7 ! Et lors 5 dernières saisons, aucun Parisien n’a fait mieux que 6.5/90 minutes (Paredes en 2019-2020).

Mais il n’y a pas que par la passe que l’ancien Madrilène a fait avancer le jeu parisien. On l’a aussi souvent vu conduire le ballon rageusement vers l’avant, avec sa foulée si caractéristique, et avancer dans le camp adverse.

Il a réalisé en tout 79 « chevauchées » vers l’avant (permettant de gagner 167 mètres) :

Il n’y a encore que Di Maria qui a fait mieux (93) dans ce domaine qui est plutôt l’apanage des milieux ou des attaquants. Marquinhos, par exemple, n’est crédité que de 41 conduites de balle.

On verra ce que cela donne avec Verratti dans les parages, mais là aussi, le PSG va pouvoir s’appuyer sur une arme supplémentaire (même si Kimpembe n’est pas mauvais dans ce domaine).

On a vu, en détaillant les stats de passes et de conduites de balle, combien les prestations de Sergio Ramos et Marquinhos diffèrent. On en a une illustration parlante avec leur heatmap respective :

Les « heatmaps » confirment que non seulement Ramos a été beaucoup plus actif que Marquinhos (on l’a vu avec le nombre de ballons joués) mais il l’a été dans des zones plus intéressantes puisqu’il est extrêmement présent dans le camp adverse.

Logiquement, en terme de positionnement moyen avec ballon, Ramos est plus haut sur le terrain. Il est même plus avancé que Danilo (numéro 15) :

Voilà qui offre des perspectives intéressantes en terme d’organisation défensive. Un PSG plus haut sur le terrain ? Pourquoi pas, mais il va falloir que les attaquants pressent à la perte du ballon sinon c’est assez suicidaire.

En tous les cas, ce fut payant à St Etienne : le PSG y a en effet réussi son plus grand nombre de pressings de la saison en championnat (58, contre une moyenne à 37 jusque-là). Et tout ça en ayant le ballon 71 % du temps. On ne va pas tirer de conclusion après un seul match, contre une équipe réduite à 10 pendant plus d’une mi-temps, mais certains signaux sont encourageants, comme celui de Neymar et Di Maria battre (ou s’approcher de) leur record de pressings de la saison sur cette rencontre.

Pour conclure cette partie de l’analyse des stats de Ramos avec ballon, on n’omettra pas de signaler qu’avec 1.87 xG Chain (c’est-à-dire sa contribution aux offensives se terminant par un tir), il a réalisé dimanche la 3ème meilleure performance d’un parisien cette saison. Seuls Mbappé contre Strasbourg et Messi lui aussi face aux Verts ont fait mieux. C’est dire si toute cette activité de Ramos ne fut pas vaine et a le plus souvent abouti à des attaques productives.

Par exemple après moins d’un quart d’heure avec cette relance à une touche où, de l’entrée de sa surface, il trouve Neymar quasiment à la ligne médiane :

Cette action se poursuit avec Bernat, servi par le Brésilien, qui lance parfaitement Mbappé en profondeur :

Malheureusement, Mbappé butera sur le gardien des Verts :

Le temps nous dira ce qui est de l’ordre du conjoncturel face à une faible opposition et du structurel avec une modification profonde du jeu parisien, mais ne goûtons pas pour le moment notre plaisir de voir un défenseur aussi habile balle au pied.

Mais Sergio Ramos, c’est avant tout un défenseur de classe mondiale, l’un des meilleurs de tous les temps. Compte tenu de la configuration du match, on n’en a eu qu’un bref aperçu dimanche mais certaines stats défensives sont déjà parlantes.

A commencer par celle des duels. L’homme aux quatre C1 a remporté 5 des 7 duels qu’il a eus à disputer dimanche. Sur ce match, il n’y a que Neymar (8/19) et Gueye (7/12) qui en ont gagnés plus que lui, mais avec un moins bon ratio que le sien (71 %).

Comme Kimpembe, Ramos aime la bagarre et devrait se régaler dans cette Ligue 1 où les affrontements peuvent être assez physiques. Attention, évidemment à ne pas entrer dans le collimateur des arbitres qui n’attendent sans doute que ça. Dimanche, il n’a été sanctionné qu’à une seule reprise. Mais il faut s’attendre à des week-ends plus prolifiques dans ce domaine…

D’ailleurs, événement révélateur de son positionnement, la faute sifflée contre lui (image ci-dessous) fut commise aux abords des 18 mètres adversaires, dans une séquence de possession où il était au niveau de Neymar pour orchestrer l’attaque parisienne !

On pourrait aussi s’attarder sur son nombre de tacles : 3 réussis sur 4. Mais la stat défensive qui nous a paru la plus révélatrice du match et de l’état d’esprit du champion du monde 2010 concerne plutôt les interceptions. Le site whoscored en a recensé 2, record du match (à égalité avec Danilo).

Si elles ont été aussi marquantes, c’est par l’engagement et la zone du terrain où il les a réalisées. On a en tête des interventions hautes sur le terrain, en passant devant un adversaire direct sûrement un peu passif dans l’attaque du ballon. Mais l’impression visuelle de sa fougue, alliée au bénéfice retiré de ces interceptions, a été d’une grande force.

Là aussi, cela témoigne d’une volonté de récupérer haut le ballon, de défendre en avançant, de ne pas subir les événements et de générer un nouveau temps de possession en prenant l’adversaire à revers.

C’est aussi par ce type d’interventions que l’on peut se montrer rassurés sur l’état de forme d’un joueur qui n’avait pourtant plus joué depuis 6 mois. Il a d’ailleurs disputé l’intégralité de la rencontre, ce qui est plutôt surprenant après une si longue coupure.

De la personnalité avec ballon, des jaillissements salvateurs sans, le défenseur de 35 ans a montré en 90 minutes un aperçu de tout ce qu’il peut apporter au PSG cette saison.

Plus difficilement mesurable par les stats, son leadership naturel a également été visible dimanche. Il n’y a évidemment pas (encore) de corrélation à faire entre la présence de Ramos et les efforts défensifs des attaquants, mais quand même, on est curieux et impatient de voir sa réaction quand « sa » défense subira des vagues, faute de repli défensif de Mbappé et consorts.

Et si, au-delà des stats, déjà fameuses, il se trouvait là le véritable apport de Señor Ramos ? A suivre…

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