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Analyses Saison 2021-2022

Comment joue le Real Madrid ? Les points forts et points faibles du futur adversaire du PSG

A quelques jours du huitième de finale aller de Champions League face au Real Madrid, nous nous sommes intéressés aux stats du futur adversaire du Paris Saint-Germain. L’occasion de mettre en évidence les points forts mais aussi les points faibles de l’équipe de Carolo Ancelotti.

Points fortsPoints faibles
Le volume d’occasions créesDépendance au duo Benzema-Vinicius
Le réalisme des attaquantsPeu de buts de l’extérieur de la surface
La faculté à accéder à la surface adverse, notamment par le jeu long de KroosUn jeu qui penche beaucoup à gauche
Les dribbles de ViniciusUne défense friable

Offensivement, le Real Madrid présente beaucoup de similitudes avec le PSG. On le voit simplement en premier lieu en comparant les buts inscrits ainsi que les expected goals des deux équipes :

Non seulement les deux formations se procurent le même nombre d’occasions (2.05 xG par match pour le PSG contre 2.02 pour Madrid), mais leur taux de conversion en buts est également très proche (2.09 buts par match pour Paris, 2.14 pour Madrid).

Les Espagnols se montrent un peu plus réalistes puisqu’ils ont inscrit en tout 47 buts avec 44.4 expected goals, contre 46 buts et 45.2 xG pour les Français.

On constate en revanche de vraies différences sur la répartition de ses buts entre joueurs et sur la manière de marquer.

A eux deux, Benzema et Vinicius ont marqué 29 des 47 buts du Real en Liga, soit 62 % des buts totaux de l’équipe :

15 Madrilènes ont marqué au moins une fois mais 11 d’entre eux n’ont trompé le gardien adverse qu’à une seule reprise. Ils ne sont que trois (Benzema, Vinicius et Asensio) à avoir marqué plus de 2 buts.

On voit qu’au PSG la marque est mieux répartie :

Certes Mbappé représente une part importante des buts inscrits (22 %) mais c’est moins que le poids de Benzema (36 %) et même Vinicius (26 %) dans le total des buts madrilènes.

Pour atteindre le poids cumulé de Benzema et Vinicius dans le total des buts espagnols (62 %), il faut comptabiliser 7 joueurs côté parisien. Le danger offensif semble donc être plus divers au PSG qu’au Real où, à en croire les stats de buts, si l’on neutralise le duo d’attaque franco-brésilien, on a réalisé une grosse partie du boulot.

C’est d’autant plus vrai que Benzema et Vinicius sont aussi les meilleurs passeurs de l’équipe avec respectivement 7 et 5 assists.

Il faudra néanmoins aussi tenter de réduire l’influence des milieux de terrain madrilènes qui, comme on le voit ci-dessous, réalisent plus de passes décisives que les milieux parisiens :

Modric, Kroos et Casimero cumulent en effet 10 passes décisives en Liga, contre 4 pour un éventuel trio Verratti-Herrera-Wijnaldum.

Si l’on revient sur les attaquants madrilènes, leur réalisme face au but constitue l’autre différence notable avec ceux du PSG.

Les données du site understat.com révèlent en effet que chacun des trois meilleurs marqueurs de la maison blanche marque plus que ce que le modèle des expected goals prévoit compte tenu de leurs positions de tirs. En cumulé, ils affichent un différentiel positif de 7.7 buts (dont 4.7 pour Benzema) :

Le constat contraire est fait côté parisien puisque les attaquants ont marqué 10 buts de moins que leurs « buts attendus » !

Messi est responsable d’un tiers de cet écart (-3.7 buts) mais tous les attaquants parisiens sauf Draxler ont moins marqué qu’attendu par le modèle des xG.

La manière de marquer diffère également : les Parisiens ont marqué à cinq reprises de l’extérieur de la surface cette saison en championnat, contre seulement deux pour le Real.

Les Madrilènes, en Liga, marquent moins de loin que le PSG alors que ces tirs représentent une part plus importante de leurs tentatives (38 % contre 34 %). On notera au passage que Kroos et Casimero représentent un tiers des tirs de loin de leur équipe. A l’inverse, Vinicius tire rarement de l’extérieur de la surface (7 en Liga).

Attention cependant parce qu’en Champions League, les Madrilènes se sont montrés jusqu’à présent beaucoup plus adroits de loin qu’en Liga (5 buts).

Même en tirant plus souvent de loin, l’équipe de Carlo Ancelotti cadre plus que le PSG : 38 % de tirs cadrés contre 35 %. Il faut dire que leurs attaquants sont particulièrement adroits : Benzema a cadré 45 % de ses tirs en Liga cette saison et ils sont même trois à cadrer au moins un tir sur deux (Hazard, Vinicius et Rodrygo). C’est beaucoup mieux que les attaquants parisiens qui tournent en moyenne à 37 % :

Benzema (34 tirs cadrés) et Vinicius (30) sont même respectivement 1er et 3ème du classement individuel de toute la Liga en termes de tirs cadrés totaux.

Le Real Madrid se distingue aussi du PSG par sa capacité à faire plus avec moins. On entend par là que malgré un taux de possession et un nombre de ballons joués moins importants, les Espagnols sont plus souvent dans la surface et tirent plus au but que les Parisiens.

Avec en moyenne 749 ballons joués par match, les Madrilènes en jouent 37 dans la surface adverse, alors que les Parisiens ont plus le ballon (815/match) mais vont moins souvent dans la surface.

Cette plus grande capacité à être dangereux et à mieux exploiter leur temps de possession se mesure également avec le nombre de tirs : 17 par match pour Madrid contre 14.5 pour le PSG.

A eux deux, Benzema et Vinicius représentent un tiers des tirs du Real.

La répartition par joueur des ballons joués dans la surface est également très instructive :

Au PSG, le danger offensif in the box se résume à Mbappé (10.4/90 minutes). On le cherche systématiquement et il excelle dans cette zone.

A Madrid, ils sont quatre à avoir une moyenne de ballons dans la surface supérieure à 6 (contre le seul Mbappé au PSG). Hazard, quand il est présent, constitue une vraie solution dans la zone de vérité.

Pour atteindre la surface, l’équipe espagnole utilise davantage l’arme du jeu long que le PSG. Le site Whoscored comptabilise 52 passes longues par match contre seulement 37 au PSG :

Le jeu long représente 9 % des passes madrilènes, contre 5 % au PSG. Le taux de réussite est en revanche meilleur côté parisien (68 % à 64 %).

Le danger vient évidemment des milieux de terrain puisqu’ils sont quatre avec plus de 4 passes longues par 90 minutes : Kroos (9.6), Casemiro (6), Camavinga (4.2) et Modric (4.1). A l’inverse, aucun milieu parisien n’atteint cette barre :

On voit clairement que le jeu long de Kroos est une arme forte du jeu madrilène. Parmi les cinq principaux championnats européens, il n’y a qu’un seul joueur qui a réussi sur cette première partie de saison plus de passes longues que lui (le Clermontois Gatien).

Dans la relance de l’arrière, Militao (3.7) utilise plus le jeu long qu’Alaba (2.1).

L’analyse de la répartition des attaques permet de mettre en évidence un autre point commun mais aussi une autre divergence : les deux équipes penchent en effet à gauche mais le jeu sur les côtés est plus utilisé par les Madrilènes.

43 % des offensives du Real ont en effet lieu à gauche. Il faut dire que c’est d’une part le côté de Kroos (Madrilène qui touche le plus le ballon avec 97/match), mais que c’est aussi et surtout la zone de prédilection du duo Benzema-Vinicius dont on a vu précédemment l’importance dans l’attaque castillane.

On voit avec les « cartes de chaleur » ci-dessous que Benzema vient énormément côté gauche et que Vinicius est hyper actif dans tout le couloir :

On constate en outre avec les heatmaps comparées de Kroos et Modric que le Croate vient également fréquemment dans la zone de Kroos côté gauche alors que l’inverse est moins vrai :

Attention donc aux offensives madrilènes côté gauche et il faudra surveiller qui Pochettino mettra dans cette zone. Les positionnements répétés de Danilo en relayeur droit ces dernières semaines donnent peut-être d’ailleurs une indication sur la manière dont le staff parisien compte s’y prendre pour gêner les attaques madrilènes.

Même s’ils privilégient le côté gauche, les Madrilènes ne négligent pas le droit qui représente un tiers de leurs attaques. Cela signifie qu’au global le Real passe davantage sur les côtés que le PSG. On en a la confirmation avec les stats de centres qui sont plus replètes au Real :

En synthèse, le Real centre plus que le PSG mais avec moins de réussite. Au rayon des individualités, ce sont Lucas Vasquez et Marco Asensio qui sont les plus prolifiques en matière de centres, avec environ 4 tentés chacun par 90 minutes à partir du côté droit !

A titre de comparaison, côté gauche, Mendy n’est qu’à 1.7 centres tentés et Vinicius à 1.6. Donc, le jeu madrilène penche globalement plus à gauche mais les centres viennent majoritairement de la droite.

On conclut ce chapitre du jeu offensif du futur adversaire du PSG en Champions League par les dribbles. Après Barcelone, le Real est l’équipe de Liga qui en tente et réussit le plus.

Il devrait y avoir du spectacle lors de cette double confrontation puisque le PSG est l’équipe de Ligue 1 qui réussit le plus de dribbles. Les stats parisiennes sont même encore supérieures à celles du Real :

Paris tente plus de dribbles que le Real mais avec moins de réussite (57 % contre 61 %).

C’est surtout Vinicius qui est gourmant dans ce domaine puisqu’il tente en moyenne 7 dribbles par 90 minutes :

Le Brésilien tente à lui seul 29 % des dribbles du Real (23 % pour Mbappé côté PSG). Parmi les 5 grands championnats européens, il n’y a que St Maximin (Newcastle) qui en a tenté plus que lui depuis le début de saison.

C’est d’ailleurs tout le couloir gauche madrilène qui est animé de cette façon puisque Mendy est le troisième dribbleur de l’équipe.

En analysant les stats offensives du Real, on a donc vu que, couloir gauche, le jeu est basé sur de la percussion, des dribbles et des combinaisons (avec Benzema en renfort) qui se terminent par des tirs, alors qu’à droite l’action se conclut plutôt des centres.

Passons maintenant aux stats défensives. Avec un premier constat : les deux défenses sont friables mais ont la chance d’avoir de bons gardiens.

Grâce au tableau ci-dessus qui récapitule plusieurs indicateurs défensifs, on peut tirer plusieurs constats.

Tout d’abord, les deux formations ont des stats défensives très proches. On le voit notamment à travers le nombre de tirs des adversaires, où avec chacun environ 11 tirs subis, les deux équipes sont loin d’être imperméables. En Ligue 1, 5 clubs font mieux que le PSG et 7 pour le Real en Liga

Grâce à la stat des expected goals against (xGA, c’est-à-dire les buts qu’auraient dû marquer l’équipe adverse compte tenu des positions de tirs qu’elle s’est créées), on peut affiner l’analyse et considérer que le Real concède plus d’occasions dangereuses que le PSG. En Liga, il y a en tout 6 équipes qui ont une moyenne d’xGA meilleure que celle de l’équipe d’Ancelotti. Au contraire, en Ligue 1, le PSG a le meilleur ratio.

Les positions de tirs offertes aux adversaires du Real sont donc de meilleure qualité que ceux des opposants du PSG.

Au final, les deux équipes encaissent moins de buts que ce que le modèle prévoit. Deux raisons à cela : la maladresse des attaquants adverses et l’efficacité de leurs gardiens.

Concernant la maladresse des adversaires, on l’estime en comparant leurs Expected Goals et leurs Post Shot Expected Goals (c’est-à-dire le nombre de buts qu’un gardien lambda aurait encaissé compte tenu de la qualité des tirs cadrés subis).

Au PSG, les xGA sont de 21.04 alors que les PSxG s’élèvent à 20. Donc les attaquants adverses ont été moins efficaces dans leurs frappes de 1.04 but par rapport à la moyenne attendue. Au Real, les xGA sont de 24.49 et les PSxG de 20.6 donc les attaquants adverses ont vendangé environ 4 buts.

On peut déduire des calculs précédents le nombre de buts évités cette fois par les gardiens. Avec 20 PSxG, les portiers parisiens ont encaissé 18 buts donc ils en ont sauvé 2 (les deux pour Donnarumma). Au Real, Courtois aurait dû encaisser 20.6 buts selon les PSxG mais il n’en a pris que 20 donc il en a sauvé 0.6.

On voit donc qu’avec des moyennes de buts encaissés et de tirs subis assez proches, on parvient à des conclusions différentes : au PSG c’est surtout l’efficacité du gardien qui a évité le pire, tandis que le Real peut surtout dire merci à la maladresse des attaquants adverses.

Le graphe ci-dessous résume les paragraphes précédents :

D’autres stats à caractère défensif mettent également en évidence que la défense madrilène est régulièrement sur la brèche. Elle réalise par exemple plus de dégagements que le PSG (12.6 contre 11) et commet plus de fautes (11 contre 9.2).

Camavinga (3.3), Casemiro (2) et Lucas Vasquez sont les plus souvent sanctionnés. Le jeune Français a d’ailleurs déjà 5 cartons jaunes à son actif en un peu plus de 500 minutes jouées en Liga.

On conclut cette analyse avec les données relatives au pressing. Et là, surprise, le Real a moins d’actions de pressing à son actif que le PSG. L’équipe française a certes plus souvent le ballon mais on ne s’attendait pas à cela. Les données sont néanmoins assez proches :

Si le volume global de pressing est semblable, les zones où il s’effectue diffèrent. En effet, le pressing du PSG est beaucoup plus intense dans la zone défensive adverse que celui du Real.

On peut en déduire que le pressing des attaquants adverses n’est pas ultra mordant (par exemple Benzema a peu ou prou les mêmes stats de pressing que Mbappé, donc pas très élevées). En revanche, dès que l’on arrive dans leur tiers de terrain, les Madrilènes sont très agressifs sur le porteur, en particulier Casemiro.

Cette analyse des stats du Real, comparées en particulier à celles du PSG a permis de mettre en évidence un certain nombre de points forts côté madrilène (le réalisme des attaquants, le jeu long de Kroos, les dribbles de Vinicius notamment), mais aussi plusieurs points faibles (la forte dépendance au duo Benzema-Vinicius, un jeu un peu stéréotypé, la défense très sollicitée).

On a également mis en avant un certain nombre de points communs et de différences par rapport au PSG résumés dans le tableau suivant :

Points communs entre les deux équipesDivergences entre les deux équipes
La moyenne de buts inscritsLa répartition des buts inscrits entre joueurs
Un jeu qui penche à gaucheLe réalisme des attaquants madrilènes
Beaucoup de dribblesUne meilleure utilisation du ballon par le Real
Une défense friablePlus de jeu long et de centres au Real
Des gardiens plus décisifs au PSG
Des zones de pressing différentes

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