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Analyses Saison 2020-2021

Preview de la saison 2020-2021 (Partie 2) : comment corriger les faiblesses récurrentes du jeu parisien ?

Dans cette seconde partie consacrée à la Preview de la saison 2020-2021 du PSG, nous allons revenir sur deux faiblesses récurrentes du jeu parisien ces dernières saisons qu’il serait nécessaire de corriger pour progresser. Il s’agit des frappes de loin et des renversements de jeu.

Un nombre de tirs de loin famélique

Avec 4.4 tirs de loin par match, c’est-à-dire pris d’en-dehors de la surface, le PSG présente la 18ème moyenne de Ligue 1 (sur 20 donc). C’était d’ailleurs déjà le cas la saison précédente (4.3 tirs, soit déjà le 18ème ratio).

Cette stat est surprenante pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le PSG étant l’équipe du championnat qui frappe le plus souvent au but, on aurait pu s’attendre à ce que, dans cette sous-catégorie des tirs de loin, elle soit bien placée également. Et bien non. Seulement 4.4 de ses 16.6 tirs sont des tirs pris de loin, soit 27 % des tirs totaux. Il s’agit du taux le plus faible du championnat de France où la moyenne s’établit à 42 %.

Les meilleures équipes européennes ont toutes un pourcentage de tirs de loin supérieur à celui du PSG et seul Dortmund dans notre panel constitué des deux meilleures équipes des cinq plus grands championnats européens tire moins souvent de loin que le PSG.

La deuxième raison est d’ordre tactique. Le plus souvent confronté à des blocs bas, pour ne pas dire regroupés dans leurs 18 mètres, le PSG aurait tout intérêt à user de l’arme de la frappe lointaine pour forcer les défenseurs adverses à sortir sur les porteurs de balle parisiens et ainsi créer des brèches.

Au lieu de ça, les attaquants parisiens privilégient les tirs de près, voire de très près. Paris prend en moyenne 2.1 tirs par match dans les 6 mètres, c’est plus du double du second, Monaco, de ce classement (1 tir par match).

La faute en revient principalement aux avants-centres : en 2019-2020 en Ligue 1, Mbappé a pris seulement treize tirs de loin (15 % de ses frappes), Cavani un seul (4 %) et Icardi tout simplement aucun ! L’Argentin n’a jamais été un gros frappeur (0.3 par match la saison précédente avec l’Inter) ; en revanche, Cavani, en Italie, ou même au PSG, avait l’habitude de davantage prendre sa chance de loin.

Pourtant, certains joueurs ont essayé d’inverser cette tendance comme le montre le graphique ci-dessous :

Les Argentins Di Maria et Paredes sont rien qu’à eux deux les auteurs de près de la moitié des tirs hors surface du PSG en Ligue 1 la saison écoulée (53/119). Pour El Fideo, ces frappes lointaines représentent près d’un tir sur deux (35/74). D’ailleurs, avec 35 frappes de loin, il est 4ème de ce classement de toute la Ligue 1. Il n’a cependant pas marqué de cette distance cette saison en Ligue 1 (contre 6 fois la saison précédente).

Paredes, lui, a pris l’intégralité de ses tirs de l’extérieur de la surface la saison écoulée en Ligue 1 (18 sur 18, dont 4 à Montpellier) ! C’était déjà le cas pour sa première saison dans la capitale pour l’ancien de Boca, ce qui signifie qu’en deux exercices, il a déclenché 32 tirs avec le PSG, tous de l’extérieur de la surface !

Préconisation : titulariser plus souvent Paredes ou recruter un milieu capable de tirer de loin

Il paraît évident qu’il manque à cet effectif, en plus des coup-francs de Neymar et des frappes de Di Maria un expert en frappes lointaines, qui forcerait les « bus » compactes adverses à s’effriter un peu. La présence de Paredes dans le onze est trop irrégulière, et ses buts de loin restent finalement rares (9 en carrière en championnat). Les autres milieux ne sont pas des frappeurs (4 tirs longue distance pour Gueye, aucun pour Verratti). Les défenseurs de l’effectif, quant à eux, n’ont jamais fait la démonstration qu’ils avaient cette aptitude, ni même l’envie de tenter leur chance : 4 frappes de loin en 2019-2020 et seulement deux buts de cette distance en carrière en championnat pour l’ensemble des défenseurs de l’effectif (1 pour Thiago Silva en 2011-12 avec Milan et 1 pour Kurzawa avec Paris en 2015-16) !

Si le PSG parvient à se renforcer au milieu à cette intersaison, il est clair qu’un joueur capable, comme le Serbe Milinkovic-Savic (0.8 tir de loin/match) de tenter sa chance de loin pour faire sortir un peu les blocs adverses, serait une opportunité incroyable. Dans les profils de joueurs qui peuvent intéresser le PSG, d’autres font encore mieux : Fabian Ruiz (1.7), Lorenzo Pellegrini (1.5) ou Rodrigo De Paul (1.4).

Si ce joueur est aussi capable de multiplier les changements d’aile, le PSG aura résolu deux problèmes d’un coup.

L’absence de jeu long

Tout en étant l’une des formations qui tente le plus de passes (660, 4ème moyenne parmi les équipes du Top 5 européen), le PSG n’est en effet que 77ème (sur 98) au nombre de passes longues réussies par match (25.1). C’est assez paradoxal mais aussi révélateur d’une véritable lacune dans le jeu parisien : là où la logique voudrait que l’équipe cherche à changer de rythme et à déplacer les blocs adverses plus rapidement, le PSG privilégie le jeu court et les dribbles.

Ce jeu long quasi inexistant et cette préférence pour les passes courtes est un réel handicap pour déstabiliser les blocs adverses qui jouent contre Paris de manière très basse et très resserrée. En utilisant davantage le jeu long pour renverser le jeu, les hommes de Tuchel provoqueraient plus de brèches dans les défenses adverses. La multiplication des passes courtes a en effet tendance à ralentir le jeu parisien : alors qu’un changement d’aile bien senti peut en deux secondes offrir des boulevards aux joueurs de côté parisiens, les quatre ou cinq passes latérales pour passer d’une aile à l’autre laissent le temps au bloc adverse de se repositionner du côté opposé.

Cela se traduit en chiffres par un temps « record » pour passer d’une aile à l’autre : 16.4 secondes en moyenne, soit la durée la plus longue de toute la Ligue 1.

C’est plus de deux secondes que la moyenne des équipes de Ligue 1. Or, en deux secondes, les défenseurs ont le temps de redensifier le côté attaqué. Cette lenteur pour changer d’aile est donc réellement préjudiciable au PSG dans l’attaque des « bus » qui lui sont souvent opposés. 

Ce problème n’est pas nouveau pour le PSG mais ne semble pas en voie de résolution. Le graphique ci-dessous indique au contraire que plus les saisons avancent et moins, en proportion, le PSG utilise cette arme du jeu long.

Les passes longues n’ont représenté la saison passée que 5.8 % des passes totales tentées. A titre de comparaison, Liverpool est à plus de 10 % et réalise en moyenne 64 passes longues par match (contre 38 pour le PSG).

Là encore, certaines individualités, de nouveau Paredes en tête, ont essayé de ne pas sombrer dans l’abus de jeu court.

L’Argentin se distingue assez nettement dans l’effectif parisien par sa capacité à jouer long. Marquinhos, Verratti et Thiago Silva, dans une moindre mesure, tentent également d’apporter un peu de variété au jeu parisien.

La préconisation sur ce thème du jeu long reste la même que pour les frappes de loin : titulariser plus souvent Paredes, seul joueur actuel de l’effectif à l’aise dans ce secteur, ou le renforcer avec un joueur capable d’allonger. Parmi les joueurs cités précédemment pour les frappes lointaines, c’est Fabian Ruiz qui se distingue également dans le jeu long (4.1 réussies toutes les 90 minutes), devant De Paul (3.9), Milinkovic-Savic (3.7) et Pellegrini (2.7).

Après avoir essayé d’analyser les limites du jeu collectif parisien et ses faiblesses historiques en terme de frappes de loin et de jeu long, nous verrons dans une troisième partie une autre lacune, plus surprenante, du PSG de la saison dernière : le manque de réalisme offensif.

Article paru sur cotestats.fr en juillet 2020 dans le cadre d’une Preview de tous les clubs de Ligue 1 pour la saison 2020-2021

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