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Analyses Saison 2018-2019

La saison 2018-2019 des latéraux, vue par les stats

Après un mercato estival assez agité (notamment à gauche) et l’arrivée d’un coach réputé joueur et fin animateur des côtés, les performances des latéraux du PSG étaient forcément très attendues cette saison. Et le moins que l’on puisse dire c’est que, à de rares exceptions près, c’est la déception qui prime au moment de faire le bilan de l’exercice 2018-2019. Retour, via les stats, sur la saison des arrières latéraux, droite et gauche.

Nous poursuivons le bilan individuel de la saison des joueurs du PSG via les stats (issues du site Whoscored) par les latéraux. Nous avons retenu arbitrairement quatre défenseurs : Colin Dagba et Thomas Meunier à droite, Juan Bernat et Layvin Kurzawa à gauche, considérant que Dani Alves et Thilo Kehrer d’un côté, Stanley N’Soki et Moussa Diaby de l’autre côté avaient trop peu de minutes sur le poste pour pouvoir être évalués et comparés à leurs coéquipiers. Le dilemme le plus fort a concerné Kehrer qui a joué plusieurs matches importants au poste d’arrière droit (quasiment toute la fin de Champions League notamment). Mais au global, le poste auquel il a le plus évolué est bien celui de défenseur central et c’est dans cette position qu’il sera analysé dans un prochain article.

Pour éviter des retraitements trop complexes, l’ensemble des matches disputés par Meunier, Dagba, Bernat et Kurzawa seront ici analysés, même si, il leur est arrivé de jouer à un autre poste (notamment au milieu pour Bernat, ou en défense centrale pour Dagba).

L’analyse sera divisée en trois thématiques (participation au jeu, efficacité offensive, interventions défensives) et nous essaierons pour chacune de mettre en avant les performances des quatre joueurs retenus dans l’étude ainsi que leur évolution par rapport à leurs saisons antérieures. Dernier point méthodo : comme le nombre de minutes jouées sur la saison et par match a été assez différent pour chacun des quatre joueurs (53 minutes en moyenne par match pour Kurzawa, 74 pour Bernat), et qu’ils ont souvent disputé des bouts de rencontre, nous n’avons pas retenu la moyenne par match pour les comparer. Ainsi, chaque donnée (passe, tirs, etc…) a été recalculée sur une moyenne de 90 minutes pour ne pas fausser l’analyse, qui portera majoritairement sur la Ligue 1 (Kurzawa et Dagba ne l’ayant pas ou très peu joué).

Matches et minutes joués : la surprise Dagba

D’ailleurs avant de nous pencher sur les stats produites par chacun des quatre latéraux du PSG, attardons-nous sur leur nombre de matches et de minutes disputés.

Le graphique ci-dessus, et plus globalement l’analyse des matches et minutes joués, est riche d’enseignements :

  • Sur le poste de latéral droit, les deux principaux joueurs utilisés, Dagba et Meunier cumulent seulement 28 titularisations en Ligue 1, sur 38 matches possibles. Dani Alves, Christopher Nkunku et Thilo Kehrer se partagent les 10 autres matches. Ils sont donc 5 à avoir disputé des minutes relativement importantes sur un poste. C’est dire les tâtonnements de Thomas Tuchel sur ce rôle d’arrière droit.
  • Dagba a disputé presque autant de matches (17 contre 19) et de minutes (914 contre 1011) que Kurzawa. Quand on sait que l’un partait pour faire la saison avec la réserve du PSG, et que l’autre n’est pas passé loin d’être dans le groupe des champions du monde 2018, ils ne devaient pas être beaucoup à parier sur cette stat en début de saison…
  • La saison de Colin Dagba peut être découpée en 4 phases : il joue un peu en début de saison (2 matches en août, un autre fin septembre), puis plus du tout jusqu’en février. En février et mars, il entre à 7 reprises en cours de partie, puis devient régulièrement titulaire de fin mars jusqu’à la fin de la saison. Au final, 10 des 17 rencontres qu’il aura disputées l’ont été après le 6 mars (date du 1/8ème de finale retour de ligue des champions), soit plutôt dans la mauvaise période parisienne.
  • Alors que beaucoup de scepticisme entourait sa venue au PSG, Bernat s’est tranquillement imposé au PSG, non seulement sur le poste de latéral gauche où il a mangé son concurrent (21 titularisations à 11 en Ligue 1, 8/8 en Champions League) mais également au milieu de terrain où il est venu dépanner ponctuellement et montré toute son habileté balle au pied.
  • Pour la première fois depuis qu’il a signé au PSG, Kurzawa n’aura pas disputé une seule minute en Ligue des Champions puisque quand il est revenu de blessure (en janvier), la phase de poules était finie et Bernat s’était imposée comme un titulaire indiscutable. Entré 8 fois en cours de match, et remplacé 8 fois sur les 11 parties qu’il a commencées, il n’aura au final disputé en intégralité que 3 rencontres. Avec 19 matches joués en Ligue 1, il a failli battre son « record » de la saison passée où il avait joué 20 rencontres de championnat. En effet, depuis qu’il joue au PSG, il n’a jamais disputé plus de 20 matches de Ligue 1.
  • Avec 1838 minutes, Bernat est le 9ème joueur de champ le plus utilisé par Tuchel en Ligue 1, ce qui rend finalement assez mal justice à la confiance que l’Allemand a semblé lui accorder, ne le faisant souffler que contraint et forcé, et l’utilisant même au milieu de terrain. D’ailleurs, en Champions League, avec 676 minutes, il est le 2ème joueur de l’effectif le plus utilisé après Mbappé, soit 7 des 8 matches en intégralité (remplacé à la mi-temps du match aller contre Naples). Il n’avait pas disputé autant de matches sur une saison depuis 2014-2015 avec le Bayern (31 matches de Bundesliga + 12 de Champions League).
  • Thomas Meunier, lui, a disputé les quatre premiers matches de Ligue des Champions, mais Tuchel a ensuite installé Kehrer contre Liverpool fin novembre et à partir de ce moment-là, on a bien senti que ce n’était pas le grand amour entre le coach allemand et le latéral belge, qui ne rejouera plus d’ailleurs que 20 petites minutes sur la scène européenne (les 20 dernières du retour contre MU…). En Ligue 1, il a tout de même fait une saison pleine avec 22 matches, soit sa moyenne de ses deux premières saisons à Paris (22 puis 24 matches).

Participation au jeu, passes, maîtrise technique : Dagba se révèle

En terme de volume de jeu, la première surprise vient de la première place occupée par le jeune Dagba qui avec 75 ballons joués toutes les 90 minutes domine les trois autres latéraux de l’étude. Si l’on avait retenu le nombre de passes effectuées par rencontre, le classement aurait été identique. Il fait même partie de la caste des « 100 et + », ces joueurs ayant touché au moins 100 ballons au cours d’un match : le natif de Béthune a dépassé cette barre symbolique contre Monaco fin avril et fut donc le joueur ayant touché le plus le ballon (101) lors du match du titre de champion de France 2019 ! Son coéquipier Belge n’a quant à lui jamais fait mieux que 80 cette saison en Ligue 1, Kurzawa 76 et Bernat… 99 !

Comparé à l’ensemble des autres joueurs du PSG, ce nombre de ballons joués reste cependant faible. Dagba, premier des latéraux n’est que le 12ème des joueurs du PSG dans ce classement de la saison ; Bernat est 14ème, Meunier 17ème et Kurzawa 18ème. Ce relatif faible nombre de ballons joués (à l’échelle du PSG) par les latéraux témoigne bien de la faiblesse de l’équipe de la capitale dans l’animation des côtés lors de la saison écoulée.

Ce volume de jeu s’accompagne d’une grande précision technique puisque Dagba est le latéral parisien (et même de toute la Ligue 1) avec le meilleur pourcentage de réalisation dans ses passes, et assez nettement comme le montre le graphique ci-dessous (presque 10 points d’écart avec Kurzawa et Meunier).

Meunier et Bernat sont dans leur moyenne de leurs dernières années, tandis que Kurzawa affiche son plus bas taux de réussite de ses saisons parisiennes (toujours entre 85 % et 90 % jusque-là).

A signaler au passage, les trois matches de Dagba à 100 % de réussite aux passes, dont un surprenant 46/46 en 90 minutes lors de la déroute à Lille (5-1). Avec ce taux de 93 %, Dagba se classe au passage parmi les joueurs les plus précis de tout l’effectif (et donc de la Ligue 1) puisqu’il est le 4ème du PSG. Seul petit bémol, son absence de jeu long (seulement 5 passes longues tentées dans toute la saison…).

Cette maîtrise technique du benjamin des latéraux du PSG se retrouve d’ailleurs dans les dribbles puisque, là aussi, c’est lui qui présente les meilleurs statistiques :

Avec un taux de réussite de 62.5 %, il devance nettement ses trois comparses. Ainsi, ramené à 90 minutes, c’est lui qui, après Kurzawa, présente le plus grand nombre de dribbles réussis (0.98). L’écart avec Meunier (0.45) est important et surprenant, d’autant plus que le Belge tournait le années passées à plus d’un dribble réussi par match, avec un bien meilleur taux de réussite (70 %).

En conclusion de cette partie sur la participation au jeu et la maîtrise technique, c’est la révélation Dagba qui se détache parmi les latéraux du PSG cette saison, devant une autre demi-surprise Bernat, très sûr techniquement avec un volume de jeu important. Meunier et Kurzawa affichent, eux, des stats en retrait dans cette partie de l’analyse.

Nous poursuivons notre étude comparée de la saison des quatre latéraux du PSG (Meunier, Dagba, Bernat, Kurzawa). Après l’analyse de la participation au jeu (passes, ballons joués, dribbles), nous allons maintenant nous pencher sur la partie véritablement offensive : tirs, buts, passes décisives, centres.

Avec 33 tirs en cumulé en Ligue 1, soit à peine 6 % des tirs parisiens totaux de la saison, les quatre arrières latéraux n’ont pas affolé les compteurs, ni marché sur les platebandes des attaquants. A lui seul, Thomas Meunier en représente en outre plus de la moitié puisqu’il a tenté sa chance à 19 reprises en championnat, ce qui en fait le 10ème joueur le plus prolifique dans cet exercice de tout l’effectif.

Ce qui surprend à la lecture du graphique ci-dessus c’est également la répartition des tirs entre la Ligue 1 et la Champions League où les latéraux ont pris 18 fois leur chance. Cela signifie un tir toutes les 163 minutes en moyenne en championnat, contre toutes les 88 minutes en ligue des champions, soit presque deux fois plus souvent. Système de jeu différent ? Plus d’espace offert par l’adversaire ? Volonté de se montrer et de se surpasser dans la compétition phare ? Sûrement un peu de tout ça.

Juan Bernat symbolise bien cet écart de stats entre les deux compétitions. On le voit déjà dans les tirs puisqu’il a tenté presque deux fois plus de frappes (9 contre 5) en 8 matches de Champions League qu’en 25 de championnat ! L’Espagnol est d’ailleurs coutumier du fait comme le montre ses stats en carrière :

Quasi-systématiquement, en effet, Bernat a plus de tirs par match en Ligue des Champions (ou en Ligue Europa comme en 2013-2014 avec Valence), et parfois, comme cette saison, dans des proportions importantes. Voilà un joueur qui sait élever son niveau de jeu quand l’adversité augmente !

Pour en revenir, et en finir, avec les stats des tirs des latéraux parisiens cette saison en Ligue 1, notons que Dagba est celui qui a le plus cadré (2 fois sur ses 3 tirs) alors que c’est lui qui a le plus tenté sa chance de loin (2 tirs hors surface). Meunier présente également un taux de tirs cadrés correct (42 %, contre 41 % en moyenne pour l’équipe) et supérieur à sa moyenne sous les couleurs parisiennes (36 %).

Buts : l’incroyable triplé de Bernat en Champions League

Les latéraux du PSG ont marqué 20 % des buts parisiens en ligue des champions cette saison ! La stat est folle compte tenu de ce qu’on sait de leur difficulté à faire des différences en Ligue 1 mais il faut croire que c’est plus simple dans la plus prestigieuse des compétitions… Et on n’est plus à une folie près dans cette saison sans queue ni tête des Rouge et Bleu.

Factuellement, cela donne trois buts pour Bernat à Naples, contre Liverpool et Manchester United, donc des buts tous (ou presque) décisifs ; et un pour Meunier lors du match inaugural à Liverpool. Bernat avait jusque-là dans sa carrière inscrit deux buts en CL, Meunier un.

En championnat, le bilan est moins glorieux : 5 buts en tout pour les quatre latéraux, auxquels on peut quand même associer 9 passes décisives, pour un bilan global de 14 actions décisives en championnat qui reste assez satisfaisant.

Bien sûr, on est loin des 7 passes décisives d’Alves de l’an passé, ou même de ses 4 buts-4 passes de l’an passé, mais Meunier avec 3 assists (dont deux pour Choupo-Moting !) pour accompagner ses 3 buts, présente un bilan plus que correct en championnat. C’est en tous les cas, le latéral qui s’est montré le plus efficace dans la surface de réparation adverse en Ligue 1. 

La plus mauvaise saison offensive de Kurzawa

On l’a dit, Bernat n’a pas connu dans les joutes franco-françaises la même réussite offensive qu’en coupe d’Europe. Il a quand même scoré une fois (à Lille, avant de se faire expulser…) et délivré deux passes décisives. Mêmes stats pour Kurzawa (avec moins de matches et de minutes que l’Espagnol) : 1 but et 2 passes décisives en Ligue 1, mais rien en Champions League pour compenser… Le bilan offensif global du « Tupac de Fréjus » est très insuffisant alors que l’apport offensif fait habituellement partie de ses forces.

Le graphique ci-dessus met d’ailleurs en évidence qu’il a réalisé sa plus mauvaise saison professionnelle du point de vue de l’efficacité offensive (ligue 1 et ligue des champions confondues) alors qu’il sortait d’une bonne saison d’un point de vue quantitatif.

Colin Dagba lui, termine la saison avec deux passes décisives, pour Guclu à Nantes et Choupo-Moting face à Strasbourg. Les deux arrières droits auront donc été à l’origine des trois buts de la mythique saison du Camerounais !

Avec seulement deux assists, le jeune Parisien est finalement peu récompensé de ses efforts car c’est lui qui, ramené sur 90 minutes, a délivré le plus de « passes clés » (passes avant tirs).

Meunier, Kurzawa et Bernat sont derrière Dagba avec environ 1 passe clé toutes les 90 minutes. Pour Meunier et Bernat, il s’agit globalement de leurs moyennes des dernières saisons. Pour Kurzawa, curieusement, il s’agit de sa meilleure moyenne depuis la saison 2014-2015.

Seulement 28 centres réussis sur la saison par les latéraux en Ligue 1

Et qui dit passe clé pour un latéral dit centre précis. Bon, ça c’est pour la théorie. Dans les faits, Whoscored ne recense que 28 centres réussis en tout et pour tout sur l’ensemble de la saison de Ligue 1 pour les quatre arrières latéraux du PSG. Sur 133 tentatives, cela donne 21.1 % de réussite (la moyenne en Ligue est à 23.7 %). Ce n’est pas mieux en ligue des champions (7/38, soit 18 %) pour les dignes successeurs de Jimmy Algerino et Patrick Colleter.

Voilà pour le bilan « collectif ». Individuellement, deux joueurs ressortent : Meunier, pour le volume de centres tentés (51 sur toute la saison de Ligue 1, soit près de 3 toutes les 90 minutes, avec notamment un match à Caen avec 7 centres), et Dagba pour la précision. Avec 29.4 %, le néo-international Espoir est, et de loin, le plus précis des quatre latéraux dans cet exercice, et le 3ème de tout l’effectif du PSG (derrière Draxler et Neymar). Le volume est très faible (5/17), mais essayons de trouver des motifs d’espoir dans ce secteur de jeu décevant cette saison…

Avec 22 % de réussite aux centres, Bernat est plutôt dans sa moyenne haute en carrière. En revanche, avec seulement 2 centres toutes les 90 minutes, il est sur un ratio inférieur à ses deux derniers exercices munichois.

Quant à Layvin Kurzawa, ses stats en matière de centre sont dans le prolongement de sa précédente saison et très en-deçà de ce qu’il produisait à Monaco ou même lors de ses deux premières saisons parisiennes, que ce soit en terme de volume ou de précision.

La chute du taux de réussite est vertigineuse : proche des 30 % entre 2014 et 2017, contre moins de 17 % ces deux dernières saisons. En 2018-2019, il a fallu attendre son 7ème match (contre Caen), pour qu’un de ses centres trouve un partenaire. Et il a terminé la saison avec aucun centre réussi lors de ses cinq dernières sorties… Le pire, c’est que les stats de ses bonnes années montrent bien qu’il est capable d’excellentes choses dans ce domaine et qu’il a donc à la fois les qualités techniques et le volume physique (5.1 centres par 90 minutes avec Monaco en 2014-2015). Le problème serait-il mental ?

Meunier, une valeur sûre pour les missions offensives

Le bilan général de cette partie consacrée à la partie offensive du jeu des latéraux est plus équilibré entre les quatre protagonistes que sur la partie précédente consacrée à la participation au jeu. Bernat, avec ses buts décisifs en ligue des champions, pourrait prétendre au leadership mais ses stats en Ligue 1 sont vraiment quelconques. Dagba se distingue par sa réussite aux centres et les passes clés mais n’a pas marqué et trop peu tiré. Quant à Kurzawa, pourtant réputé et attendu pour son apport offensif, ses stats sont encore en recul et il a vraiment très peu apporté cette saison.

Reste donc, presque par défaut, Thomas Meunier. Le Belge a marqué (4 buts en tout), offert des passes décisives (4 également en incluant la Champions League), beaucoup tiré aux buts (presque la moitié des tirs des latéraux), centré souvent (sans trop de succès toutefois). Il est donc le meilleur latéral parisien de la saison en Ligue 1 dans le domaine offensif (Bernat étant indiscutable en Ligue des Champions).

Pour terminer le bilan comparatif de la saison des quatre latéraux (Meunier, Dagba, Kurzawa et Bernat) du PSG, nous allons maintenant nous pencher sur les statistiques défensives. Après avoir vu que Dagba, véritable révélation de la saison, sortait du lot en termes de statistiques relatives au volume de jeu et à la maîtrise technique, et que Meunier se détachait pour les indicateurs offensifs (du moins en Ligue 1), voyons quel latéral se distingue dans les missions défensives.

Aucun des quatre joueurs étudiés n’est spécialement réputé pour ses qualités défensives. Intrinsèquement et physiquement, c’est le jeune Dagba, d’ailleurs parfois utilisé en défense centrale (signe de son aptitude aux duels), qui semble avoir le plus de qualités défensives.

L’indicateur de réussite aux tacles confirme cette impression puisque le jeune latéral devance nettement ses trois concurrents dans cette catégorie :

Avec 80 % de réussite aux tacles (24/30), Dagba s’avère donc être le latéral le plus difficile à passer en un contre un, malgré son inexpérience. Par contre, le bon taux de Meunier (75.9 %) est plus étonnant compte tenu de son profil, mais finalement exactement dans la lignée de ses années dans la capitale (76.1 %).

Si le côté droit de la défense a donc été performant en terme de tacles (surtout si on pense que Kehrer et Alves, autres spécialistes du genre, ont également joué de ce côté), on ne peut pas en dire autant du côté gauche. Le volume de tacles tentés est certes impressionnant concernant Bernat (3.5 par 90 minutes, soit le 5ème ratio de toute l’équipe), mais le taux de succès est très suspicieux (66.2 %). C’est encore pire pour Kurzawa qui cumule faible volume (2.6) et taux de réussite insuffisant (65.5 %).

Un côté gauche de la défense très sollicité

Si l’on se penche sur ses stats en carrière, on constate que jamais jusque-là, Bernat n’avait affiché un tel volume de tacles (maximum à 3.2) ; et son taux de réussite est habituellement bien meilleur (plus souvent au-dessus des 70 % qu’en-dessous).

Sa saison parisienne est donc vraiment atypique. Faut-il y voir un certain déséquilibre du jeu parisien où le latéral gauche a souvent été livré à lui-même, en particulier quand Neymar occupait le poste de milieu gauche ? A confirmer la saison prochaine.

En tous les cas, les stats de « dégagements » confirment que le côté gauche de la défense parisienne a été particulièrement sollicité :

Le graphique ci-dessus illustre cette plus forte sollicitation des arrières gauches puisque, à eux deux, Bernat et Kurzawa réalisent 2.76 dégagements contre 2.26 pour le côté droit.

C’est l’Espagnol qui s’illustre dans cette catégorie des dégagements avec 1.42 par 90 minutes. En ligue des champions, sa moyenne grimpe même à 2. Là encore, ses productions défensives sont supérieures à ce qu’il produisait à Munich où sa moyenne de dégagements en Bundesliga était de 1 (pour 90 minutes).

Curieusement, la courbe des dégagements suit la trajectoire inverse dans la carrière de Kurzawa. Chaque saison, sa moyenne (ramenée à 90 minutes) ne cesse en effet de décliner.

On aurait pu au contraire imaginer que cette saison au moins, avec un côté gauche souvent mis sous pression, le nombre de dégagements de l’ancien Monégasque reparte à la hausse. Ce n’est donc pas le cas non plus dans cette catégorie statistique.

Meunier intercepte proprement

Autre donnée utilisée pour apprécier les interventions défensives, les interceptions : dans ce domaine, c’est extrêmement serré entre les quatre joueurs, mais c’est Meunier qui se détache légèrement avec 1 interception toutes les 90 minutes.

Meunier est dans sa moyenne de la saison passée, tandis que Bernat en réalise moins qu’à Munich et que Kurzawa a, encore une fois, sensiblement baissé sa productivité par rapport aux saisons passées.

Dernier indicateur relatif à l’aspect défensif : le nombre de fautes commises

C’est Thomas Meunier qui se distingue positivement avec seulement 1.3 fautes commises toutes les 90 minutes en moyenne. A l’autre extrémité, Kurzawa en a commis près du double.

Côté droit, seulement 4 cartons jaunes sur toute la saison. A gauche, 10 avertissements dont 6 pour le seul Bernat (plus 2 autres en Europe). La confirmation que le côté gauche de la défense a été très attaqué et très souvent débordé. L’ancien Munichois a même récolté un carton rouge (à Lille), la première expulsion de sa carrière.

Inutile de préciser que pour Kurzawa ces 2.5 fautes (par 90 minutes) constituent, et de loin, le « record » de sa carrière…

Au global, sur cette partie défensive, ce sont donc Meunier (tacles, interceptions) et Bernat (dégagements) qui ont réussi, sur la saison de Ligue 1 vue des stats, les meilleures performances, tandis que les productions de Kurzawa sont toutes en recul, parfois de manière forte, par rapport à ses précédentes saisons.

Nous avons donc essayé au travers de cette étude consacrée aux latéraux du PSG d’évaluer leur saison écoulée par le prisme des statistiques. Plusieurs enseignements ont pu être tirés de cette analyse.

Nous avons tout d’abord mis en évidence que le jeune Colin Dagba a tiré son épingle du jeu parmi ces latéraux plus chevronnés et a su gagner du temps de jeu notamment grâce à son volume de jeu et son habileté technique.

Dans la partie consacrée à l’aspect offensif, c’est plutôt Juan Bernat, en Ligue des Champions et Thomas Meunier, en Ligue 1, qui ont fait valoir leur expérience et leur efficacité devant le but adverse.

Enfin, sur l’aspect défensif, nous venons de voir que c’est une nouvelle fois plutôt le Belge et l’Espagnol qui présentent, là encore, des statistiques supérieures aux deux Français. Deux Français aux trajectoires d’ailleurs totalement opposés : le jeune Colin Dagba est la révélation défensive de la saison, tandis que Layvin Kurzawa a, selon les statistiques présentées, disputé sa plus faible saison en carrière.  

Globalement, les statistiques étudiées, hormis l’épiphénomène des trois buts de Bernat en Ligue des Champions, ne classent cependant pas les latéraux parisiens au sommet de la hiérarchie européenne, ni même de la Ligue 1. Rien que dans le championnat de France, plusieurs joueurs ont montré des qualités supérieures aux latéraux parisiens (Attal ou Lala à droite, Mendy ou Koné à gauche). Est-ce un problème de qualités intrinsèques ou de système de jeu qui a les peu mis en valeur ? Le mercato estival et la saison à venir permettront peut-être de répondre à cette question.

Article paru sur Culture PSG, en 3 volets, en juin 2019

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