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Analyses Saison 2020-2021

Danilo Pereira, son profil vu par les stats

A l’aide des statistiques, nous avons essayé d’en savoir plus sur le profil de la recrue phare du mercato parisien en provenance du FC Porto, Danilo Pereira. Si les données disponibles confirment qu’il pourrait combler quelques faiblesses du jeu parisien, elles mettent en avant également quelques lacunes. Analyse en chiffres et en graphiques du jeu de la nouvelle sentinelle du PSG.

L’analyse de ses performances avec le FC Porto permet de mettre en évidence trois qualités majeures qui vont faire du bien à l’entrejeu parisien : une menace offensive sur coups de pied arrêtés et un bon jeu de tête en général, du jeu long et une défense propre.

Une vraie menace offensive, notamment de la tête

La saison passée, il a tiré au but à 35 reprises en championnat du Portugal. C’est beaucoup, surtout si on compare cette donnée aux milieux parisiens :

A lui seul, il a donc presque autant tiré que l’ensemble des milieux de terrain du PSG la saison passée (35 contre 37). Il tourne, en carrière, à 1.3 tirs par 90 minutes en moyenne. Dans l’effectif du PSG de la saison passée, cela le situerait devant tous les milieux de terrain. Il n’hésite d’ailleurs pas à tenter sa chance de loin (10 frappes d’en dehors de la surface).

C’est néanmoins de la tête qu’il réalise la majorité de ses tirs : 21 sur les 35 tentatives de la saison 2019-2020 (6ème joueur du championnat portugais avec ce total).

Il tourne en carrière à 0.6 tir de la tête toutes les 90 minutes. Si l’on compare cette donnée à la moyenne des joueurs du PSG la saison dernière, cela le situe entre Icardi (0.7) et Marquinhos (0.5). Pas mal. Un renfort de poids sur les coups de pied arrêtés en tous cas.  

15 de ses 20 buts au Portugal (sans compter les coupes nationales) ont d’ailleurs été marqués de la tête :

Hormis lors de sa première saison à Porto (2015-2016, 6 buts) où il a beaucoup marqué, ce n’est pas vraiment un buteur prolifique. En revanche, ce qui est remarquable c’est sa capacité à marquer de la tête. Il devrait donc pouvoir apporter beaucoup au PSG dans ce secteur et sensiblement gonfler ses stats compte tenu de la quantité de corners et de coups-francs que le PSG obtient. Avec le danger que commence à représenter Marquinhos dans ce domaine, et l’habileté de Di Maria et Neymar pour les tirer, les défenses adverses vont devoir redoubler de vigilance.

Sa domination dans les airs est confirmée par ses stats globales des duels aériens : la saison dernière, il a remporté 73 % des duels aériens qu’il a disputés. C’est colossal. Au PSG, personne n’a fait mieux et de loin (sur un volume d’au moins 20 duels). La moyenne des duels victorieux était de 50 % et le meilleur était Thiago Silva avec 62 % !

La comparaison avec les autres milieux est encore plus éloquente et témoigne de l’apport futur du géant portugais (1.88 m) :

Il dispute beaucoup plus de duels à la tête et en ressort vainqueur les trois-quarts du temps, ce qui n’est pas vraiment le cas des milieux actuels (d’où la tentation d’y positionner Marquinhos). Son taux de duels aériens victorieux en carrière est de 65 %, ce qui reste très élevé. Il devrait donc parfaitement soulager la défense centrale parisienne sur les dégagements notamment où les petits Gueye (1.74 m) et Verratti (1.65 m) ne sont guère utiles. Sa venue vient en ce sens parfaitement compenser les départs de Kouassi, qui s’était montré dominateur dans ce secteur, et de Thiago Silva.

Du jeu long

Les stats brutes en matière de jeu long ne sont pas folles à première vue : 5.6 passes longues (c’est-à-dire d’u moins 32 mètres) tentées toutes les 90 minutes, c’est la même moyenne que Verratti, soit le 3ème ratio de tout l’effectif parisien derrière Paredes et Marquinhos. Mais en proportion de ses passes totales, cela témoigne bien d’un gros penchant pour le jeu long chez le joueur originaire de Guinée-Bissau. En effet, 10 % de ses passes sont des passes longues, ce qui est complètement atypique dans le jeu parisien, où elles représentaient moins de 6 % des passes totales la saison dernière.

Son volume de passes va mécaniquement augmenter en passant de Porto au PSG. Porto ne réalisait que 480 passes par match en moyenne la saison passée, contre 660 pour le PSG, soit plus d’un quart de plus. S’il maintient cette fréquence de jeu long, il va apporter un peu de diversité au jeu parisien qui privilégie les passes courtes. La complémentarité avec Verratti, expert du jeu court (5 % de passes longues), sera d’ailleurs intéressante à observer.

Un joueur qui défend proprement

Si les stats sur le jeu de tête et le jeu long ne sont venues que confirmer et objectiver une impression déjà perceptible, une autre caractéristique du joueur, plus inattendue, apparaît à la lecture de ses statistiques en Liga Nos : Danilo Pereira tacle très peu et commet très peu de fautes.

Le graphique ci-dessus montre bien l’écart de tacles entre Danilo Pereira et les milieux actuels du PSG : moins de 2 tacles/90 minutes contre près de 5 de moyenne ! La différence est énorme. Le taux de réussite, lui, est relativement semblable.

Le constat est similaire pour les fautes commises même si l’écart est moins important :

Le Portugais commet peu de fautes et récolte également peu de cartons : 6 jaunes maximum en une saison de Liga Nos et aucune expulsion en championnat portugais en 7 saisons.

Que faut-il conclure de ces deux indicateurs ? Si l’on positive, on conclut que le Portugais est un joueur propre qui sait défendre sans se jeter et sans commettre de fautes. La version pessimiste y verra plutôt une frilosité à aller au duel. Compte tenu du gabarit du gaillard, on penche pour la première option…

Après avoir vu tout ce que Danilo Pereira allait apporter au PSG, attardons nous maintenant sur ce que les stats nous disent de ses lacunes.

Un joueur souvent blessé

Le récapitulatif de ses blessures, issu du site Transfertmarkt.fr parle de lui-même : sur ses cinq saisons à Porto, il a connu 7 blessures et manqué 38 matches…

La blessure principale date d’avril 2018 et concerne son tendon d’Achille (elle lui fera d’ailleurs manquer le Mondial). Cette saison-là, il n’a disputé que 19 matches de championnat. Il avait connu précédemment une blessure importante au mollet notamment. Les pépins physiques ne se sont pas calmés depuis : blessures à la cheville, au mollet de nouveau et au genou.

Le détail des matches joués par saison témoigne d’un maximum de 45 matches sur un exercice (en 2015-2016) :

Quand on sait que même des joueurs plutôt fiables dans ce domaine, tels que Gueye, connaissent des blessures une fois qu’ils jouent pour le PSG, il y a de quoi être inquiet quant aux absences possibles de l’ancien capitaine du FC Porto.

Une technique trop juste pour le PSG ?

Au-delà de ses blessures éventuelles, la principale interrogation relative à son jeu proprement dit porte sur sa capacité à se mettre au niveau technique requis pour évoluer chez les champions de France en titre. Les précédentes recrues au milieu de terrain avec un profil très défensif ont souffert de la comparaison et ont eu du mal à se mettre au diapason. On pense à des joueurs internationaux comme Krychowiak, Cabaye ou même plus récemment Gana Gueye.

Alors, que nous disent les stats sur le niveau technique de Danilo Pereira ? Et que pouvons-nous en conclure de son aptitude à s’adapter aux exigences du PSG ? Il s’agit bien là de deux questions différentes. Car assurer 87 % de passes réussies en Liga Nos (comme c’est son cas) ne veut pas forcément dire être capable de jouer sentinelle au PSG et de résister à la pression des milieux harceleurs de Liverpool et du Bayern.  

Si l’on reste factuel, on constate que ses taux de passes réussies sont bons mais inférieurs à ceux des milieux du PSG aujourd’hui. Sa propension à beaucoup jouer long expliquant sûrement en partie ce petit différentiel.

Et l’indicateur des passes réussies ne dit pas tout de la qualité technique. D’ailleurs, Gueye, avant de signer au PSG, avait en Angleterre des taux de passes réussies proches des 85 %. Il est aujourd’hui proche des 93 %. Il n’a pas pour autant subitement élevé drastiquement son niveau technique dans la capitale.

Les datas relatives au dribble apportent un complément intéressant :

On voit sur le graphique ci-dessus que le Portugais est très peu porté sur le dribble : seulement 11 tentés la saison dernière en 26 matches de championnat. Son record avec Porto date de la saison 2016-2017 avec 30 dribbles.

Sa moyenne de 0.5 dribble/90 minutes est très faible comparée aux milieux actuels du PSG. On peut en déduire qu’il n’utilise pratiquement pas cette arme car il ne la maîtrise probablement pas complètement (même si son taux de réussite de 73 % est correct). Ou qu’il n’en a pas spécialement besoin et préfère se débarrasser du ballon par la passe. Quoi qu’il en soit, c’est un signe pas forcément rassurant sur ses capacités techniques, notamment sous pression.

Pas un créateur

Si sa réussite aux passes (87.5 % l’an passé) peut laisser imaginer qu’il pourra assurer le minimum syndical dans l’entrejeu parisien, il n’y a en revanche guère de doutes sur le peu d’impact qu’il aura à la création.

Le graphique ci-dessous, qui concerne les passes clés, associé aux données vues précédemment sur le dribble, illustre clairement les limites du Portugais dans ce secteur, du moins comparées aux autres milieux parisiens.

Il n’est que rarement le dernier passeur avant une frappe d’un de ses coéquipiers : 8 passes clés en tout seulement la saison dernière, aucune saison à plus de 10. Des statistiques très en-deçà des milieux parisiens, même de Gueye, qui évolue pourtant dans un registre très défensif comme lui.

Il n’était même que le 19ème joueur de l’effectif de Porto en termes de passes clés/90 minutes la saison passée en championnat.

Son nombre de passes décisives, famélique lui aussi, confirme que ce n’est pas vraiment sur lui qu’il faudra compter pour créer le danger dans le dernier tiers adverse. Mais normalement le PSG est suffisamment armé dans ce domaine…

Ce tour d’horizon des stats en carrière de Danilo Pereira, s’il aura permis de confirmer certaines idées que l’on pouvait se faire sur ce joueur, aura aussi permis de mettre en évidence quelques surprises. Place maintenant au terrain où l’on a hâte de le voir à l’œuvre notamment à côté de Marco Verratti, tant le binôme semble complémentaire : la défense, les joutes aériennes et la solidité pour le Portugais, la création, la magie et la fantaisie pour l’Italien. 

Article paru sur Culture PSG en octobre 2020

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