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Analyses Saison 2018-2019

Paredes-Verratti, analyse comparée de leur saison et de leur jeu par les stats

« Je veux un 2ème Verratti et un 2ème Marquinhos » disait Thomas Tuchel lors du mercato hivernal pour « densifier », si l’on peut dire, son milieu de terrain. Finalement, il n’aura vu venir que le seul Leandro Paredes, puisque les pistes Gueye, voire Allan, n’aboutiront pas. Alors, en quoi le jeu de Paredes se rapproche de celui de Verratti ? Et plus globalement, quel regard porter sur les prestations la saison écoulée de l’Argentin et de l’Italien ? C’est ce que nous allons essayer de voir par l’intermédiaire des statistiques.

Cet article sera divisé en deux volets. Le premier mettra en évidence les points de convergence entre le jeu de Paredes (25 ans) et celui de Verratti (26 ans). Nous reviendrons dans un second temps sur ce qui les différencie davantage.

Un gros volume de jeu

Les deux milieux de terrain trônent en tête des joueurs qui touchent le plus de ballons au PSG en Ligue 1, et ce n’est pas un mince exploit quand il y a un Brésilien nommé Neymar dans votre équipe. La remarque vaut surtout pour Paredes, arrivé en cours de saison, dans la plus mauvaise période du PSG, et qui a dû s’acclimater à une nouvelle équipe et à un nouveau championnat.

Le petit Italien fait légèrement mieux que l’Argentin avec 92.5 contre 91.9 ballons touchés par match. Il est même monté jusqu’à 151 contre Montpellier un soir de février (victoire 5-1). Son record de la saison est atteint en Ligue des Champions : 153 contre l’Etoile Rouge de Belgrade (victoire 6-1). Paredes est allé lui jusqu’à 137 (contre Strasbourg, match nul 2-2) et a touché au moins 100 ballons lors de 8 des 11 matches qu’il a disputés en intégralité (10/13 pour Verratti).

Les deux joueurs dominent même toute la Ligue 1 dans une autre stat symbolisant bien cette capacité à dicter le tempo de son équipe et orienter le jeu : le nombre de passes tentées.

Ce que ses premières stats semblent nous dire c’est que Paredes, à la différence d’autres milieux recrutés ces dernières saisons, est donc bel et bien PSG-compatible. Il a du sang de Verratti dans les veines, peut-être même du sang de Thiago Motta tant il semble aimanter le ballon.

Maîtrise technique

Vous me direz que l’on n’a pas besoin d’une statistique et d’un graphique pour voir que Verratti et Paredes jouent dans la même cour en terme de maitrise technique. Certes… Mais l’analyse des stats de réussite aux passes montre que Paredes a encore franchi un palier en signant à Paris.

Les stats des années passées n’étaient pas déshonorantes pour Paredes avec des taux de réussite aux passes compris entre 84 et 88 %, mais l’année où il réussit son meilleur ratio (2016-2017, 88.4 % avec Rome), Verratti produit exactement le même taux, sauf qu’il correspond pour l’Italien à sa plus mauvaise saison ; l’Italien tournant plutôt en général au-dessus des 90 % de réussite.

Encore plus rassurant pour Paredes, il a même dépassé Verratti à Paris puisque le taux indiqué sur le graphique (90.2 %) correspond à sa moyenne de sa saison 2018-2019 entière partagée entre St Pétersbourg et Paris. Au PSG, il a eu un taux de réussite de 91.2 %, supérieur donc à celui du Maestro italien (90.9 %). Il a notamment fait un match quasi parfait, contre Nice en fin de saison, avec 73 passes réussies sur 74, en 66 minutes (dont 8/8 aux passes longues).

La même moyenne de passes longues réussies par match en carrière

Même si les stats du petit génie de Pescara sont curieusement en forte baisse cette saison, les deux joueurs ont exactement la même moyenne de passes longues réussies par match en carrière, toutes compétitions confondues (4.5) !

En championnat cette saison, en revanche, l’Argentin, s’est nettement distingué dans cet exercice. Avec Paris, ses stats sont légèrement inférieures à celles qu’il avait en début d’exercice au Zenit (4.5 par match vs 7.6), mais malgré cela, il est le joueur de l’équipe qui a tenté et réussi le plus de passes longues par match en Ligue 1 !

Le jeu long représente 8.7 % de son total de passes (le plus haut pour un parisien) contre seulement 4.8 % pour Verratti, plus adepte du jeu court. Leur réussite dans cet exercice est en revanche très proche (66 % pour Paredes, 69 % pour Verratti).

En tous les cas, même si les stats du petit Italien ont baissé cette saison dans le jeu long, voilà un secteur de jeu où l’apport de Paredes est indiscutable et qui vient compenser une faiblesse récurrente dans l’effectif parisien.

Manque d’efficacité devant le but adverse

0 but et 2 passes décisives. C’est la ligne de stat identique de Paredes et de Verratti cette saison en Ligue 1. C’est pauvre pour des milieux aussi forts techniquement dans une des équipes ayant marqué le plus de buts en Europe. La remarque vaut d’ailleurs surtout pour Verratti, présent, à la différence de Paredes, dans la meilleure période du PSG.

L’espoir est bien sûr permis, pour l’un comme pour l’autre. Verratti semble prendre conscience de ses capacités devant le but et s’est récemment mis à frapper davantage, en particulier avec sa sélection nationale. Espérons que cela constitue un déclic pour le PSG.

Pour Paredes, l’espoir réside dans le fait que lors des saisons précédentes, il a toujours inscrit au moins un but en championnat, avec un « record » à 4 en 2017-2018.

Pour Verratti, ce qui inquiète presque plus que le famélique nombre de buts (après tout, les attaquants ont fait le job), c’est le faible nombre de passes décisives. Avec la force de frappe offensive du PSG, il devrait pouvoir offrir plus de passes décisives que ça.

Dans cette première partie, nous avons donc vu ce qui rapprochait Paredes et Verratti : un très gros volume de jeu, une grande habileté technique, une capacité à jouer long, mais un manque d’impact devant le but adverse.

Intéressons-nous désormais à ce qui les différencie.

Paredes tire plus aux buts

Paredes a tenté 14 fois sa chance en 16 matches avec Paris cette saison. C’est plus que le total cumulé de Verratti ces deux dernières saisons en Ligue 1 (10). Avec Paris, de sa position de milieu défensif, l’Argentin a déjà produit un match à 3 tirs (contre Nice en mai), soit le total de Verratti sur toute la saison de Ligue 1.

Le graphique ci-dessous témoigne d’un écart abyssal entre les deux joueurs. Les 43 tirs de l’ancien Romain en 2018-2019 correspondent à l’addition de ses 14 tirs avec le PSG et de ses 29 avec le Zenit, soit 1.4 tir par match. Sa moyenne en carrière (toutes compétitions confondues) est d’ailleurs à 1.5, soit 5 fois celle de Verratti (0.3) !

Verratti n’a pas cadré un seul tir en Ligue 1 cette saison. C’est la deuxième fois, en sept saisons à Paris, que cela lui arrive. La fois précédente, c’était lors de sa 1ère saison (2012-2013). En 7 championnats, il a cadré seulement 17 tirs, soit 2.4 par saison en moyenne.

Paredes, lui, n’a cadré que 14 % de ses tirs avec Paris cette saison (2/14). C’est peu. La moyenne du PSG cette saison était de 41 %. C’est également peu comparé à ses stats en carrière puisqu’il tournait à 27 % en championnat jusque-là (courbe blanche du graphique ci-dessous).

L’explication de ses faibles taux de tirs cadrés vient notamment de sa très forte propension à tirer de loin. Avec Paris, la totalité de ses tirs fut pris d’en-dehors de la surface. Mais il est coutumier du fait puisque, comme le montre la courbe bleue du graphique ci-dessus, exceptée sa 1ère saison à Rome (sur un faible nombre de tirs), il prend systématiquement au moins 90 % de ses tirs de loin. Seulement 15 de ses 199 tirs (8 %) ont été pris dans la surface en 6 saisons de championnat !

Il a tourné en 2018-2019 en Ligue 1 en moyenne à 1 tir hors surface toutes les 90 minutes. C’est la 3ème moyenne du PSG derrière Di Maria (1.5) et Neymar (1.1). Pour l’anecdote, Verratti est 14ème avec 0.1…

Verratti plus dribbleur

Verratti prend plus de risques balle au pied, c’est indiscutable. Il tente, mais réussit, plus de dribbles que son nouveau collègue du milieu. Sa moyenne de dribbles réussis par match est près de 3 fois plus importante l’an passé (1.3 vs 0.5). Et encore, il s’agit d’une saison basse pour Verratti qui restait sur deux exercices autour de 2 dribbles réussis par match.

Paredes ne nage pas dans les mêmes eaux. Avec Paris, il n’a réussi que 5 dribbles en Ligue 1 cette saison, sur 9 tentés. Au Zenit et en Italie, ses chiffres étaient légèrement supérieurs mais sans jamais dépasser la moyenne de 1 dribble réussi par rencontre. Une moyenne en-dessous de laquelle, au contraire, le petit Marco n’est plus descendu depuis sa 1ère saison parisienne.

Verratti a en tous les cas encore éclaboussé de son talent la Ligue 1 avec ses petits appuis et son art du contre-pied. Il a certes réduit son nombre de dribbles mais garde toujours une incroyable efficacité dans ce domaine, la meilleure de toute l’équipe.

Avec 83 % de réussite aux dribbles, il écrase la concurrence au sein du PSG (Draxler est second avec 74 %) et on n’évoque pas seulement l’écart avec Paredes (56 %, pas dans le classement compte tenu d’un volume insuffisant), mais également avec Neymar (60 %). C’est avec ce type de chiffre, banal pour Verratti (sa moyenne en carrière, toutes compétitions confondues est de 79 %) que l’on prend encore plus conscience du talent hors norme de l’Italien.

Des types d’interventions défensives différentes

La manière d’intervenir défensivement des deux joueurs diffère également : Verratti est très porté sur le tacle, tandis que Paredes a recours à un arsenal moins agressif avec plus de dégagements et d’interceptions.

En chiffres, cela donne notamment 4.5 tacles par match cette saison pour Verratti contre 3.2 pour Paredes. Le joueur de la Nazionale est même monté à 5.1 de moyenne en Ligue des Champions (dont 19 en 2 matches contre Belgrade !), ce qui le classe ans le top 5 de ce classement dans cette compétition (pour les joueurs ayant joué au moins 5 matches).

Point également important, il a amélioré son taux de réussite dans cet exercice. Car ce n’est pas tout d’avoir une grosse agressivité dans les pieds adverses, l’objectif est de récupérer le ballon plutôt que des fautes et des cartons. Et même si c’est loin d’être parfait (61 % de réussite, là où Paredes est à 67 % et Rabiot à 92 % par exemple), c’est au moins en progression par rapport à ses dernières saisons :

Même si la réussite n’est pas optimale, l’activité et l’agressivité sont bien au rendez-vous. Et cela semble déteindre sur son nouveau coéquipier qui, sans atteindre les chiffres de Verratti aux tacles, n’est pas ridicule du tout dans cette catégorie statistique.

Comme vu précédemment, c’est dans le style d’interventions défensives que le jeu de Paredes se démarque de celui de Verratti : un peu moins de tacles donc, mais plus de dégagements. Il faut dire que l’option « dégagements » n’arrive vraiment qu’en tout dernier recours pour Verratti (0.3/match). Avec 1.3 dégagements par match avec Paris, Paredes a atteint cette saison son plus haut ratio en championnat, preuve de son implication défensive malgré une apparente nonchalance parfois.

Même type de remarque concernant les interceptions (0.9/match) et les frappes contrées (0.3/match) où il devance tous les autres milieux et témoigne d’une bonne activité défensive.

Au global, concernant les interventions défensives, le style et l’impression visuelle diffèrent sensiblement, mais pourtant au global, en cumulé, la production de Paredes est supérieure à celle de son aîné.

Plus de fautes subies et commises pour l’Italien

Conséquence des deux derniers points (plus de dribbles et de tacles chez Verratti), le petit Italien subit et commet logiquement plus de fautes que le numéro 5 de la sélection argentine.

Verratti est même le 2ème joueur de l’équipe qui subit le plus de fautes derrière Neymar (3.4 vs 2.2). Avec 1.4 fautes par match, Paredes a une honorable 5ème place. Pour Verratti comme pour Paredes, on est proches de leur moyenne en carrière.

Adepte du tacle, et pas avec une réussite optimale (62 %) Verratti commet donc plus de fautes que Paredes (1.3 vs 0.9). Il était en outre particulièrement nerveux en fin de saison avec un match à 5 fautes contre Angers et 4 contre Nice (ses records de la saison).

Evidemment, ces fautes génèrent des cartons (surtout quand on a sa réputation) : 7 avertissements pour Verratti cette saison (1 seul pour Paredes), ce qui est plutôt conforme à sa moyenne en carrière.

Paredes, malgré un nombre de fautes commises pas si différent de celui de Verratti, n’a reçu qu’un seul carton jaune. Il n’a pas encore été pris pour cible par les arbitres… En Russie, la demi-saison avant de venir à paris, il avait reçu 6 avertissements et un carton rouge (le seul de sa carrière). Et, précédemment dans sa carrière, il a déjà tourné à des moyennes « verrattiennes » de 11 cartons (en 2017-2018 et 2015-2016). Alors, on ne jurerait pas qu’il ne se rapproche pas de Verratti dans cette catégorie sous peu…

Au final, les différences dans les styles de jeu ne sont pas flagrantes et l’on trouve plus de similitudes que de points de divergences. Paredes tire plus, Verratti dribble davantage et défend de manière plus agressive, mais la grande maîtrise technique et cette capacité à faire jouer les autres les rassemble.  Ce sont bien tous les deux des enfants de Thiago Motta. La comparaison de Thomas Tuchel n’était donc pas farfelue.

Reste que pour le moment, sur le terrain, cette ressemblance dans le style de jeu ne s’est pas transformée en une forte complicité et n’a pas fait d’étincelle. Alors, à l’avenir, peuvent-ils réellement être associés et rendre fous tous les milieux d’Europe par leur habileté technique, ou bien, Paredes devra-t-il se contenter d’être une doublure, de luxe, du petit Italien ? Réponse dans les prochains mois.

Article paru sur Culture PSG en juillet 2019, en 2 parties

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