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Analyses Saison 2018-2019

Le PSG version Thomas Tuchel vu par les stats après 13 matches de championnat

Un tiers du championnat a été disputé et il est donc possible de faire un bilan des premiers pas de Thomas Tuchel à la tête du Paris Saint Germain vu par le prisme des statistiques. Cet article sera divisé en deux parties et mettra en avant tout d’abord ce qui n’a pas changé dans le jeu du PSG malgré le changement d’entraineur. Nous verrons dans un second volet les modifications apportées par le technicien allemand.

Toujours plus de buts

Le PSG de l’ère QSI n’a jamais été timide offensivement, c’est le moins que l‘on puisse dire. Mais on atteint une sorte de paroxysme cette année avec une orgie offensive jamais vue en France.

Avec 45 buts inscrits en 13 matches (pour autant de victoires), le PSG tourne donc à l’hallucinante moyenne de 3.5 buts par match, avec quelques cartons mémorables à la clé (5-0 contre Lyon, 4-0 à Monaco). Hormis contre Marseille et Lille (2 buts marqués seulement), le PSG a même toujours inscrit au moins 3 buts par rencontre. Il est évidemment toujours possible de questionner la qualité de l’opposition sur le territoire national, mais l’avalanche de buts reste exceptionnelle et inédite.

L’écart par rapport aux saisons antérieures, même sous QSI, est très important (on est passé de 1.8 but par match sous Ancelotti en 2012-2013 à 3.5 cette saison). A tel point que si les Parisiens conservent ce rythme d’enfer, ils effaceraient, et très nettement, des tablettes le vieux record de 1959-60 du Racing Club de Paris (118 buts) avec l‘incroyable total de 132 buts inscrits en 38 matches de championnat.

La comparaison avec les autres leaders des grands championnats européens ne fait que renforcer la performance du PSG : Manchester City et Dortmund, pourtant eux aussi très portés sur l’offensive, sont assez loin derrière le PSG avec « seulement » 3 buts par match en moyenne. Barcelone (2.8) et la Juventus (2.2) sont quant à eux encore plus distancés. 

Une MCN de feu

Pour scorer autant, le PSG se repose évidemment en premier lieu sur sa MCN. Aucune équipe européenne ne peut s’appuyer sur une force de frappe aussi prolifique. A eux trois, Mbappé (11 buts), Neymar (10) et Cavani (8) ont déjà inscrit 29 buts en Ligue 1. Cela représente près des 2/3 de l’ensemble des buts des Rouge et Bleu, soit une proportion légèrement supérieure à la saison passée (64 % contre 61 %).

Derrière ce trio magique, c’est encore un peu timide, mais des solutions existent puisque Di Maria est toujours aussi précieux (3 buts inscrits), Draxler semble parti sur des bases inédites pour lui (déjà 3 buts, pour un record sur une saison à 10 buts qui remonte à 2012-2013 avec Schalke 04), et même les défenseurs centraux semblent vouloir enfin s’y mettre (1 but pour Marquinhos, soit autant que l’ensemble des défenseurs centraux sur toute la saison passée).

Peu de tirs de loin

On reviendra dans une seconde partie sur la manière de marquer ces buts qui a évolué par rapport à la saison passée. En revanche, ce qui n’a pas changé c’est le peu de prise de risque dans les frappes lointaines. Seulement 30 % des tirs sont pris en dehors de la surface. Cette tendance lourde (31 % de moyenne sur 5 ans) est une atypie parmi les cadors européens puisque tous les leaders des championnats européens se situent entre 35 % et 40 %.

Avec 4.5 tirs de loin par match, le PSG fait même partie des cancres de la Ligue 1 (15ème) dans cette catégorie dominée par Lyon avec une moyenne de 7.2 tirs lointains par rencontre. Les absences de Dani Alves et Lo Celso (1.4 tir de loin par match à eux) ainsi que la tendance de Neymar à moins tenter sa chance de loin (1.8 tir longue distance l’an passé contre 1.1 cette année) expliquent cette baisse par rapport à la saison passée (5.2 tirs en 2017-2018). Avec 21 tirs pris d’en-dehors de la surface, Di Maria totalise à lui seul 36 % de l’ensemble des frappes longue distance du PSG cette année.

Le plus faible nombre de passes longues de toute la Ligue 1

Autre constante plutôt négative du jeu parisien : le manque de variété dans les passes qui se traduit par un jeu long quasi inexistant.

Depuis le début de saison, le PSG tente en moyenne 37 passes longues par match. Ce niveau est le plus faible depuis que les Qataris ont pris les commandes du club. Cela représente 6.2 % des passes totales, là où Dortmund (57 passes longues tentées par match) et la Juventus (61 par match) par exemple dépassent les 10 %.

Le nombre de passes longues tentées est même le plus bas de l’ensemble de la Ligue 1. Le taux de réussite dans cet exercice est excellent (63.7 %, leader du championnat) mais ce manque de variété dans les passes rend le jeu parisien plus prévisible.

Le classement des individualités en matière de jeu long est très symptomatique puisque derrière Marquinhos (5.5 par match), c’est le gardien de but Alphonse Areola qui en tente le plus (5.3) ! Là aussi, l’absence de Dani Alves (6.2 l’an passé) se fait ressentir, au même titre que l’évolution de Marco Verratti (il est passé de 6.4 à 3.6 par match).

% de réussite aux passes : chasse gardée des défenseurs centraux parisiens

La maîtrise technique est un dernier point commun au jeu parisien qui n’a pas été impacté par l’arrivée de Thomas Tuchel.

Le pourcentage de passes réussies reste donc très élevé (88.8 %) et le PSG domine nettement cette catégorie statistique au plan national (Lyon est 2ème avec 85.9 %).

Thiago Silva domine, comme l’an passé, le classement individuel de Ligue 1 dans cet exercice où l’on retrouve pas moins 7 Parisiens dans les 10 premiers, dont l’intégralité de la défense centrale !

Ce titre honorifique de joueur le plus précis dans ses passes n’échappe d’ailleurs pas à un joueur du PSG depuis la saison 2012-2013.

Joueur de Ligue 1 avec le meilleur % de réussite aux passes par saison
SaisonJoueur% de réussite aux passes
2018-2019Thiago Silva93.9 %
2017-2018Thiago Silva96.1 %
2016-2017Presnel Kimpembe94.7 %
2015-2016Thiago Silva94.6 %
2014-2015Thiago Motta93.0 %
2013-2014Alex93.8 %
2012-2013Alex92.1 %

On peut d’ailleurs faire le lien entre le faible poids du jeu long et cette réussite aux passes : les défenseurs parisiens restent très prudents dans leur passes et privilégient les passes courtes et sécurisées.

Thomas Tuchel a apporté des modifications (que nous verrons dans un second volet) mais il n’a pas encore fait de ses défenseurs centraux des experts du jeu long !

Article paru sur Culture PSG en novembre 2018

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