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Analyses Saison 2016-2017

Le PSG 2016/2017 face aux cadors, vu par les stats

Alors que la saison 2017/2018 du PSG doit être celle de la reconquête en France comme en Europe, voici un dernier retour sur la précédente agrémenté de nombreuses statistiques qui permettent de placer l’équipe d’Unai Emery par rapport à l’élite européenne.

Comme annoncé, voici la deuxième partie de l’article rétrospectif sur la saison 2016-2017 analysée à travers les statistiques. Après avoir dans un premier temps confronté les données chiffrées du PSG d’Unai Emery et ceux de son prédécesseur, nous allons dans cette seconde partie comparer les statistiques du PSG à celles des meilleures équipes européennes pour la saison 2016-2017. L’analyse portant uniquement sur les statistiques des championnats nationaux, nous avons constitué un échantillon intégrant les deux meilleures équipes des cinq plus grands championnats européens (soit Monaco, PSG, Real Madrid, Barcelone, Chelsea, Tottenham, Juventus Turin, Roma, Bayern Munich et Leipzig) et mis en parallèle les données du PSG et celles de l’échantillon. Le nombre d’équipes est volontairement réduit , l’objectif de cette analyse étant de s’interroger sur ce qui différencie le style de jeu le PSG de celui des cadors européens pour tenter de mettre en évidence les manques parisiens.

L’analyse des statistiques permet de mettre en évidence un certain nombre de domaines où le PSG semble plus performant que les meilleures équipes européennes : le jeu de passes, la défense et les dribbles

Paris roi de la passe

On peut tout d’abord souligner que l’analyse des statistiques confirme, et c’est heureux, l’impression visuelle sur le style de jeu pratiqué par le PSG 2016-2017. C’est donc logiquement dans le domaine de la passe et de la maîtrise technique que le PSG excelle, même par rapport aux meilleures équipes du continent. La preuve par les chiffres : le PSG a par exemple réussi l’an passé 120 passes de plus par match que la moyenne de l’élite européenne (642 contre 521), soit près d’1/4 de plus ! Hormis le Bayern Munich d’Ancelotti, aucune équipe n’a réussi plus de passes. Les coéquipiers de Thiago Motta ont même réussi quasiment autant de passes vers l’avant (403 par match) que le nombre total de passes de Monaco (423 par match).

D’autres indicateurs attestent de cette maîtrise technique : Paris a le plus haut taux de passes réussies (89.6 %) de toutes les équipes analysées et le nombre de passes réussies par match (575) est même supérieur au nombre de passes tentées de la quasi-totalité des équipes de l’échantillon ! Paris a également le plus haut ratio de passes réussies par le gardien (89 % contre 76 % en moyenne). Les gardiens parisiens ont beaucoup été décriés pour leur manque d’efficacité face aux tentatives adverses mais on ne peut que louer leur précision dans le jeu au pied, symbole de la philosophie de jeu prônée par l’entraîneur parisien (dans la lignée de son prédécesseur).

Défensivement en place et plus dribbleur qu’il n’y paraît

S’il n’est pas surprenant de retrouver le PSG au sommet des classements européens sur les indicateurs relatifs à la passe et à la possession de balle (seuls le Bayern et le Barça font mieux en terme de taux de possession), moins attendus sont en revanche les deux autres secteurs où les Parisiens se distinguent favorablement : la défense et le dribble. Avec 0.71 but encaissé par match, le PSG s’est montré moins perméable que la plupart de ses homologues européens. En fait, sur la très grande majorité des indicateurs relatifs à l’aspect défensif, les coéquipiers de Thiago Silva s’avèrent largement plus performants que la moyenne de notre Top 10 européen. C’est notamment le cas du nombre de tirs subis par match (seuls Chelsea et le Bayern font mieux) ou du pourcentage de matches sans encaissés de but (55% des matches contre une moyenne de notre panel à 39 %). Même le ratio « nombre de tirs pris/buts encaissés », pourtant en forte baisse par rapport au PSG de Laurent Blanc (cf. la première partie de l’article), est plus favorable aux Parisiens que chez la moyenne des top teams européennes.

Autre surprise, le PSG affiche de meilleurs scores que les autres équipes étudiées dans les statistiques relatives au dribble. En effet, Di Maria and Co ont réussi en championnat plus de dribbles par match (12.1) que la majorité des formations analysées (seuls Barcelone et Chelsea font mieux). Le plus remarquable étant que le taux de dribbles réussis est lui aussi bien supérieur à la moyenne des équipes étudiées (66 % contre 60 %). Les joueurs parisiens les plus efficaces dans ce secteur sont Marco Verratti (2.4 dribbles avec un taux de réussite de 87 %), Javier Pastore (3.3 à 67 %) et Julian Draxler (2.6 à 73 %).

Les statistiques permettent aussi et surtout de mettre en lumière plusieurs secteurs de jeu où le PSG se montre moins performant que ses homologues européens

L’un des objectifs de cette petite enquête est en effet de rechercher, à l’aide des statistiques, les lacunes dans le jeu du PSG d’Unai Emery afin de mettre en évidence ce qui lui manque pour se rapprocher des top équipes européennes. L’analyse des données de notre échantillon permet de distinguer trois gros points faibles des bleus et rouges.

Paris manquait de variété

Le premier travers du jeu parisien que les statistiques mettent en évidence est le manque de variété de son jeu. Il est possible d’illustrer ce défaut par l’intermédiaire de plusieurs indicateurs relatifs à la passe : avec seulement 49 passes longues par match, le PSG présente le plus faible total, et de loin (la moyenne est de 64) de notre panel. Les passes longues représentent 7 % des passes totales contre 12 % dans notre échantillon. Par conséquent, logiquement, les passes parisiennes sont les plus courtes de toutes les équipes analysées (16.5 m soit 2 mètres de moins que la moyenne de l’échantillon). Plus embêtant encore que ce manque de diversité dans le jeu parisien, la relative stérilité des passes est mise en lumière par les stats : seulement 1.6 % des passes se transforment en « passes clés » contre 2.1 % en moyenne chez les cadors européens. Corollaire de ce jeu quelque peu conservateur, le PSG passe 49 % de son temps dans la partie médiane du terrain contre 46 % en moyenne chez les membres du Top 10 européen, et seulement 28 % du temps dans le dernier tiers adverse (seule la Juventus fait moins bien). Voici donc quelques chiffres qui viennent corroborer le sentiment souvent ressenti d’un jeu qui ronronne quelque peu au milieu du terrain et de manque de volonté de faire mal à l’adversaire en privilégiant la conservation du ballon. Neymar Junior, si tu nous lis, on compte sur toi…

Des manques sur coups de pieds arrêtés

Deuxième thème où les statistiques parisiennes sont en retrait par rapport aux équipes du top niveau européen : l’efficacité des coups de pied arrêtés (hors pénalty). C’est une des surprises de l’étude parce que, au contraire, le travail et la préparation d’Unai Emery et son staff sur ce sujet sont généralement salués. Pourtant, les chiffres sont têtus : Paris a le nombre de buts sur corner (0.18 par match) et coup francs indirects (0.05) les plus bas de notre panel. Même en intégrant les coup francs directs où les Parisiens sont plutôt efficaces (0.08 but par match), le total des buts sur phases arrêtées est le plus faible des équipes analysées (0.31 but par match contre une moyenne de l’échantillon à 0.45). L’écart avec Monaco est même édifiant (0.31 contre 0.6 but par match) ! Voilà en tous cas un secteur à surveiller de près cette saison pour guetter, souhaitons-le, les progrès parisiens, en particulier grâce à l’arrivée de Neymar Junior dont on connaît le talent en la matière…

Le dernier indicateur particulièrement défavorable aux Parisiens est celui des erreurs défensives. Avec 0.55 erreurs défensives par rencontre (dont 0.08 conduisant à un but adverse), le PSG se distingue nettement de ses homologues étudiés dans cet article (Leipzig est à 0.15 par exemple). Même s’il serait intéressant de connaître la définition exacte de cet indicateur produit par le site Squawka, il n’en reste pas moins que ce chiffre est nettement supérieur aux autres équipes et en hausse par rapport aux saisons précédentes. Une marge de progression importante semble donc exister de ce côté. Presnel Kimpembe, Alphonse Areola et Laywin Kurzawa étant, dans cet ordre, les joueurs les plus souvent incriminés. On compte sur les défenseurs parisiens pour corriger le tir parce que là, honnêtement, le pauvre Neymar Junior ne pourra pas faire grand-chose…

Au final, si le style de jeu du PSG se distingue positivement ou négativement, par certains aspects, de celui des cadors européens, il est intéressant de constater que ce n’est en fait rien comparé à celui de Monaco. En effet, le champion de France 2016-2017 a présenté des caractéristiques de jeu en très fort décalage par rapport aux meilleures équipes d’Europe. Quelques exemples :

  • Monaco est l’équipe au taux de possession le plus faible de l’échantillon (51.4 %)
  • Si son nombre de passes est très faible, l’ASM a présenté le taux de passes vers l’avant le plus important (64.5 %) après Leipzig
  • Le taux de passes réussies est (par conséquent ?) le plus faible (81.8 %) du groupe, toujours après Leipzig
  • Le pourcentage de passes longues est le plus haut (14 %) de toutes les équipes étudiées
  • Le ratio « nombre de tirs pour marquer un but » est le plus faible, signe d’une efficacité maximale en attaque
  • Le nombre de buts marqués par match (2.8) est le plus fort après celui de Barcelone
  • Le poids des coups de pied arrêtés dans le total des buts est très impressionnant : 32 % (en intégrant les pénalty)
  • Un jeu qui passe beaucoup par les côtés : avec 25 centres par match, Monaco a le plus haut total de l’échantillon et la part des attaques par les côtés (76 %) est plus importante que la moyenne du Top 10 (72 %)

On peut donc constater que le style de jeu monégasque se démarque très nettement des autres équipes du gratin européen. Les joueurs d’Unai Emery feraient sans doute bien de s’en inspirer, sans évidemment renier ce qui fait la force du jeu parisien aujourd’hui, pour gagner en verticalité, en prise de risque et en efficacité devant le but. On est exigeants ? Avec un mercato comme ça, on peut se le permettre, non ?

Article paru sur Culture PSG en août 2017

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