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Analyses Saison 2020-2021

Bilan collectif mi-saison : les chiffres de l’attaque du PSG

Le tenant du titre est seulement 3ème de Ligue 1 à la trêve. Mais au-delà de ce classement brut, que nous disent les stats sur le jeu du PSG de cette première partie de saison ? Cette analyse à froid sur les performances parisiennes, offensives comme défensives, donne du grain à moudre à ceux qui se félicitent du départ de Thomas Tuchel. Première partie de cette analyse en deux temps, axée sur l’attaque parisienne.

Concernant l’attaque tout d’abord, le constat est sans appel : le PSG enregistre une baisse significative de son nombre de buts inscrits.

Alors, certes, avec 2.3 buts par match, le PSG reste la meilleure attaque de France, et la 4ème d’Europe (parmi les cinq plus grands championnats). Mais la chute du nombre de buts marqués par rapport aux trois saisons précédentes où la moyenne était de 2.8 est importante.

Le PSG est d’ailleurs resté muet à quatre reprises depuis le début de saison (contre Lens, Marseille, Lyon et Lille). C’est autant en 17 matches que lors des trois saisons précédentes cumulées :

Pourquoi ? Comment expliquer ce recul important du nombre de buts inscrits ?

Les datas disponibles nous orientent dans trois directions : la difficulté à se créer des occasions, le manque de réalisme offensif et un jeu assez individualiste.

Les stats relatives aux tirs sont riches d’enseignements : non seulement cette saison, le PSG prend moins de tirs, mais il le fait en outre dans des positions moins avantageuses.

Moins de tirs par match

Avec 15.4 tirs par rencontre, le PSG est très nettement distancé en Ligue 1 par Lyon qui tire en moyenne 17.1 fois au but par match. On notera au passage que seul Naples fait mieux que Lyon parmi les cinq grands championnats européens.

Le PSG enregistre surtout une diminution importante par rapport à la saison dernière où il tirait en moyenne 16.6 fois par match. Les stats des trois stars de l’attaque sont toutes orientées à la baisse : Mbappé passe de 5.2 à 4.6 (toutes les 90 minutes), Neymar de 4.8 à 4.4 et Di Maria de 3.3 à 2.8. Kean fait ce qu’il peut (3 tirs/90 minutes) mais l’attaque parisienne est clairement moins percutante que la saison dernière.

A cinq reprises cette saison, le PSG n’a pas atteint la barre des 10 tirs sur un match alors que cela ne lui était arrivé qu’une seule fois la saison passée. Pire encore, Paris a déjà connu trois matches avec un seul tir cadré maximum : c’est autant en 17 rencontres cette saison que lors des 9 saisons précédentes !

Mais non seulement le PSG se procure moins d’occasions, mais en outre ses positions de frappes sont moins avantageuses que les saisons antérieures. L’indicateur qui mesure cela rapporte les expected goals au nombre de tirs. On obtient ainsi la probabilité supposée de chaque tir de se transformer en but. Ce ratio est de 15.6 % cette saison alors qu’il était de 17 % les deux exercices précédents.

Un manque de réalisme offensif

Les expected goals nous révèlent surtout que pour la seconde année consécutive, le PSG souffre d’un manque de réalisme offensif. Un comble quand même compte tenu des talents dont dispose cette équipe et des investissements financiers consentis dans ce secteur !

Comme la saison dernière en effet, les « buts attendus » sont supérieurs au nombre de buts réellement marqués. Autrement dit, compte tenu des positions de tirs qu’ont eues les attaquants parisiens, ils auraient dû inscrire plus de buts. Quasiment deux de plus selon le modèle de understat.com (40.6 contre 39 inscrits).

Les principaux fautifs se nomment Neymar, Sarabia et Verratti :

 ButsExpected GoalsEcart
Kean75,161,84
Mbappé1210,561,44
Gueye20,621,38
Draxler20,991,01
Dagba10,650,35
Pembélé10,790,21
Di Maria32,820,18
Herrera10,960,04
Kalimuendo00,12-0,12
Marquinhos11,13-0,13
Florenzi22,26-0,26
Danilo00,39-0,39
Kurzawa00,47-0,47
Icardi22,86-0,86
Rafinha01,08-1,08
Verratti01,11-1,11
Sarabia23,34-1,34
Neymar35,67-2,67

Lors de douze rencontres sur les dix-sept de championnat, le PSG a sous-performé en terme de réalisme offensif. La plus grosse contre-performance étant celle face à Marseille où malgré 2.22 expected goals, le PSG est resté muet et a dû s’incliner (1-0).

Ce manque d’efficacité devant le but adverse est confirmé par le pourcentage de tirs cadrés, lui aussi en diminution.

Cette baisse peut aussi s’expliquer par l’augmentation du nombre de tirs de loin qui représente désormais 30 % des tirs contre 26.5 % la saison dernière. On constate en effet que malgré la baisse du nombre de tirs totaux, les tirs pris d’en dehors de la surface, eux, sont en augmentation (4.6 contre 4.4 l’an passé). Même si on peut se réjouir de voir le PSG utiliser enfin davantage cette arme (comme le but de Gueye face à Strasbourg le prouve), on ne peut s’empêcher d’y voir aussi un signe des difficultés parisiennes à s’approcher du but adverse. Par exemple, à Lens en début de saison, le PSG avait pris 6 de ses 8 tirs de l’extérieur de la surface, faute de pouvoir s’approcher du but de Leca.

Un jeu collectif qui pose question

Le troisième enseignement des datas de ce début de saison concernant les difficultés du jeu offensif parisien nous amène sur le terrain du jeu collectif. Et il y a alors deux façons de voir les choses : si l’on s’intéresse aux données relatives à la passe, le PSG semble présenter un jeu collectif parfaitement huilé. Les hommes de Tuchel caracolent en tête de la Ligue 1 au nombre de passes par match (656, alors que le second, Rennes, est à 571), aux mètres gagnés par la passe (3 223 par match, devant Rennes 3 157), ou encore bien sûr au pourcentage de réussite aux passes (89.6 %, devant Nice 86 %). Pour ce dernier indicateur, le PSG est même le leader incontesté parmi les grands championnats européens :

Néanmoins, plusieurs indicateurs viennent pondérer ce tableau un peu idyllique et même remettre en cause cette théorie d’un jeu collectif bien rôdé.

Tout d’abord, le PSG enregistre une baisse dans deux ratios : le nombre de passes clés rapportées aux tirs et le nombre de passes décisives rapportées à celui des buts. Cela signifie que les positions de frappes sont moins souvent le fruit d’une action collective (ou en tous les cas d’une passe d’un coéquipier), et que les buts viennent eux aussi plus souvent d’une solution individuelle.

Concernant le ratio des passes clés/tirs, le niveau de cette saison est même le plus faible des années QSI.

Le constat est presque identique pour le ratio des buts provenant de passes décisives (seulement 64 % cette année contre 70 % en moyenne depuis 2011).

Un autre indicateur, encore plus direct celui-là, témoigne également de ce penchant individualiste du PSG « made in Tuchel » : le nombre de dribbles. Avec 22.6 dribbles tentés par match, le PSG est tout simplement l’équipe d’Europe (du top 5 en tous cas) qui dribble le plus.

Alors, certes, le taux de réussite est plutôt bon (59.2 %), mais il est néanmoins en baisse (60.2 % l’an passé). Mais cela témoigne surtout d’une recherche assez systématique de la solution individuelle au détriment du jeu collectif.

Un gros penchant pour la gauche

Au-delà de ces données illustrant les difficultés offensives parisiennes, trois autres facteurs caractérisent le jeu parisien de cette première partie de saison : un gros penchant pour le côté gauche, une augmentation du nombre de centres et un jeu long toujours défaillant.

Concernant le déséquilibre « territorial » du jeu parisien, ce n’est pas une nouveauté et ce fut souvent lié à la présence conjuguée côté gauche de Neymar, Mbappé et Verratti. Ce qui est plus surprenant, c’est que malgré les absences des uns et des autres parmi ces trois-là (ils ont manqué 21 matches en cumulé à eux 3), le jeu a continué de pencher à gauche.

Le tableau ci-dessus issu du site Whoscored.com confirme que 40 % des attaques parisiennes ont lieu côté gauche, contre seulement 31 % côté droit. Le PSG est même l’équipe qui, proportionnellement, attaque le moins par la droite. Compte tenu des décalages qui peuvent être créés à gauche et de l’arrivée de joueurs comme Florenzi ou Kean au mercato estival, c’est un peu regrettable.

Lors des deux derniers matches joués, contre Lille et Strasbourg, le PSG a été jusqu’à développer 47 % de ses attaques côté gauche.

Le PSG est aussi l’équipe de Ligue 1 qui utilise le plus l’axe central du terrain pour ses offensives (29 %). Cela n’a cependant pas empêché les coéquipiers de Mbappé de réaliser plus de centres que la saison précédente. Et surtout, le taux de réussite est bien meilleur : 24.8% contre 20.2 %.

Le graphique ci-dessus qui se concentre sur les arrières latéraux, montre que ce n’est pas encore digne d’Alexander-Arnold, mais il y a du progrès. A eux quatre, Florenzi, Bakker, Dagba, Kurzawa, après 17 journées, ils ont réussi plus de centres (30) que les cinq latéraux de la saison dernière (Bernat, Dagba, Kehrer, Kurzawa, Meunier) sur les 27 matches de Ligue 1 (26 centres réussis).

Kurzawa, sur un match (à Lille) a notamment réussi autant de centres (4) que sur l’ensemble de sa saison précédente ! L’apport de Florenzi dans ce secteur est également indéniable (5/9 face à Marseille ou 4/10 face à Lyon).

Un jeu long toujours inexistant

En revanche, au rayon des dysfonctionnements qui ne s’améliorent pas, on trouve encore et toujours le jeu long. Le PSG rechigne en effet toujours autant à utiliser cette arme, qui pourrait pourtant être très utile pour renverser le jeu une fois la défense fixée d’un côté (au hasard, le gauche).

Non seulement, le poids des passes longues dans le total des passes parisiennes est encore en diminution (5.4 %), mais, en outre, le pourcentage de réussite dans l’exécution de ces transversales est lui-même en baisse.

Il est assez incroyable de voir cette baisse quasi continue depuis 10 ans du poids du jeu long dans le jeu parisien, quel que soit l’entraîneur. On est passé de 10 % en 2011-2012 (avec Kombouaré et Ancelotti) à 5.4 % avec Tuchel en 2020-2021. Pour l’anecdote, le Tottenham 2018-2019 de Pochettino avait un ratio de 10.6%…

Cette saison, le PSG a dû battre des records avec par exemple seulement 16 passes longues tentées face à Strasbourg (soit 2 % des passes totales) ou 8 passes longues réussies à Lens.

En conclusion de cette analyse de l’attaque parisienne, le bilan n’est pas très flatteur. Les défauts de la saison passée (manque de réalisme devant le but, abus de dribbles, pas de jeu long) n’ont pas été corrigés et commencent même à avoir un impact sur les résultats, ce qui n’était pas forcément le cas l’an passé. Est-ce que les aspects défensifs permettent de compenser ces dysfonctionnements ? Nous le verrons dans la seconde partie.

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