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Matches Saison 2019-2020

Amiens-PSG (4-4) : les 3 stats du match

A partir de la saison 2019-2020, nous vous proposons de revenir sur chaque match de Ligue 1 avec les stats marquantes ou insolites.

Le manque d’efficacité défensive

Les « expected goals » produits par le site understat.com sont assez nettement favorables aux Parisiens : 3.45 contre 1.51 pour Amiens. Les joueurs de Thomas Tuchel ont marqué 4 buts, ce qui est légèrement supérieur à ce qui était attendu compte tenu des positions de tirs (même avec Cavani à 1.37 « buts attendus » pour 0 marqué…), mais ils en ont encaissé beaucoup plus qu’ils « n’auraient dû ».

Le staff technique du PSG ne manquera d’analyser les erreurs, individuelles et collectives, qui ont conduit à encaisser 4 buts face à l’une des plus mauvaises attaques de Ligue 1. Nous nous sommes pour notre part penchés sur deux données : la baisse d’efficacité de Navas et le turnover défensif.

Déjà pas irréprochable face à Lyon, le gardien costaricien, sans être totalement fautif, n’a pas été décisif sur les frappes amiénoises puisque Guirassy and Co n’ont eu besoin de cadrer que 5 tirs pour inscrire 4 buts. L’ancien Madrilène nous avait habitués à beaucoup mieux depuis le début de saison.

La preuve en chiffres et en graphique : lors des 18 premiers matches de l’année (soit l’ensemble des matches disputés par Navas en Ligue 1 et Champions League en 2019 avec le PSG), il a stoppé ou détourné 85 % des tirs adverses. Ce taux dégringole à 58 % sur les 7 matches de l’année 2020 (à partir de la double confrontation face à Monaco).

On remarquera au passage que sur la période le nombre de tirs cadrés adverses a considérablement augmenté puisqu’il est passé de 2.9/match sur 2019 à 3.7 en 2020. Et encore sans les 12 tirs du Real Madrid, cette moyenne du début de saison serait encore plus basse (2.3) et l’écart avec le début d’année civile encore plus important. Mais là où on aurait pu s’attendre à ce que le gardien expérimenté qu’est Navas continue d’afficher un bon ratio d’arrêts, le sien a lourdement baissé. Il a donc encaissé 11 buts lors des 7 dernières rencontres de Ligue 1 (soit 1.6 par match) contre 9 lors des 18 premières parties disputées (Ligue 1 et Ligue des Champions confondues) soit 0.5 par match.

Il est cependant difficile d’incriminer totalement le gardien parisien tant il donne l’impression d’être bien moins protégé par sa défense ces derniers temps. Et le turnover, principalement imposé par les nombreuses blessures des défenseurs centraux parisiens, n’y est sans doute pas étranger.

Le coach allemand a en effet aligné face à Amiens sa 9ème charnière centrale différente (Thiago Silva-Kouassi) au coup d’envoi d’une rencontre (si l’on ne compte que la Ligue 1 et la Ligue des Champions). L’effectif parisien est certes pléthorique à ce poste mais c’est un chiffre exceptionnellement haut. Une défense centrale a besoin de repères, entre les joueurs qui la composent, mais aussi et surtout avec les autres, en particulier son gardien. Or, si la charnière titulaire (Thiago Silva-Kimpembe) a donnés des gages d’efficacité en étant alignée régulièrement ensemble (11 victoires et 1 nul, 4 buts encaissés), les autres binômes temporaires ont souvent failli. Cela avait déjà été le cas pour les duos Diallo-Kimpembe contre Reims (défaite 0-2) ou encore Marquinhos-Kimpembe à Dijon (défaite 2-1). Les 3 buts encaissés en première mi-temps par la défense centrale Thiago Silva-Kouassi ne font que confirmer que ce secteur nécessite d’être travaillé dans le temps et, que, même en Ligue 1, les approximations défensives peuvent se payer cher et que Navas ne peut rattraper tous les coups.

En outre, le turnover à Amiens n’a pas concerné seulement la défense centrale mais toute l’arrière-garde parisienne puisqu’Herrera y jouait son 2ème match en tant que latéral droit et que Bakker disputait ses premières minutes dans notre championnat. A tel point que le PSG a déjà utilisé 31 joueurs cette saison en Ligue 1, contre 30 en tout la saison dernière et 28 en 2017-2018. A titre de comparaison, dans leurs championnats respectifs, Liverpool et la Juventus en sont à 23, le Real et le Bayern à 24 joueurs utilisés seulement.

Le PSG, en ne comptant que les compositions d’équipe au départ des rencontres, en championnat et coupe d’Europe uniquement, a utilisé 5 arrières droits différents (Meunier, Dagba, Kehrer, Mbe Soh et Herrera) et 3 arrières gauches (Bernat, Kurzawa, Diallo).

Cette forte instabilité, sans parler des expérimentations au milieu de terrain, pèse forcément sur la moyenne de buts pris.

La fin de la « 4 Fantastiques » dépendance ?

Après Kurzawa le 1er février face à Montpellier puis Kehrer quelques jours plus tard à la Beaujoire, ce fut au tour hier de Herrera et Kouassi d’ouvrir leur compteur de buts en championnat. Pour la première fois depuis le mois d’août, et donc à deux reprises en février, la majorité des buts du PSG fut même inscrit par des joueurs n’appartenant pas au fameux quatuor Mbappé-Neymar-Icardi-Di Maria.

Cela peut paraître évidemment logique puisque, les grandes échéances européennes approchant, le turnover offensif est plus important. Mais, par le passé, le PSG a longtemps cherché des buteurs en relais de ses attaquants donc la stat n’est sûrement pas si anodine que cela. Surtout que, comme le montre le graphique ci-dessous, à l’automne, le PSG était quand passé dans une sorte de «4 fantastiques dépendance » où ces derniers inscrivaient 90 % des buts.

La partie verte du graphique représente les buts non inscrits par Icardi—Mbappé-Di Maria-Neymar. Cette part, importante en août (7 des 10 premiers buts de la saison) s’explique par les absences conjuguées de Neymar (plus ou moins Barcelonais) et d’Icardi (plus ou moins Intériste) et par le bon début de saison de Choupo-Moting notamment (3 buts).

A partir de septembre le quatuor magique prend le relais : ils inscrivent 5 des 6 buts de septembre (dont 3 par Neymar) ; puis 16 sur 18 en octobre (dont 7 par Icardi, en gris sur le graphique) ; 7 sur 8 en novembre puis de nouveau 16 sur 18 en décembre malgré le zéro pointé de Di Maria (en jaune sur le graphique). En janvier, Neymar poursuit son show avec 5 nouveaux buts (sur les 9 de l’équipe).

Février est donc très atypique par rapport à la période récente. Le PSG a pour le moment inscrit 15 buts (Ligue 1 uniquement) dont seulement 6 par l’un de ses 4 fantastiques (chacun 2 sauf Di Maria 0). Avec 6 buteurs différents, en plus du fameux csc : Sarabia, Cavani, Herrera, Kouassi, Kehrer et Kurzawa.

Au global, depuis le début de saison, les « 4F » ont inscrit 71 % (60 sur 84) des buts du PSG (Ligue 1 et Champions League), mais seulement 40 % donc en février.

Cela porte désormais à 14 le nombre de buteurs différents (Ligue 1 et Champions League uniquement) alors que le total sur l’ensemble de la saison fut de 18 l’an passé. Sarabia a dépassé Cavani et Choupo-Moting et ce brave CSC en est quand même à 4 réalisations ! Le PSG semble donc enfin pouvoir compter sur des joueurs capables de scorer quand les stars ne sont pas là ou font preuve d’inefficacité.

Efficacité retrouvée sur coups de pied arrêtés

Une fois n’est pas coutume, c’est grâce aux coups de pied arrêtés que le PSG s’est sorti su guêpier picard samedi après-midi. Menés 3 à 0, les Parisiens sont parvenus à égaliser suite à trois corners. Le premier, en toute fin de mi-temps, fut botté par Draxler, dévié par un Amiénois et repris victorieusement par un plat du pied très appliqué et très appuyé d’Ander Herrera. Le second, à l’heure, toujours tiré par l’Allemand, fut coupé de la tête par le grand (1.87 m) Tanguy Kouassi. Bis repetita sur le 3ème, mais côté droit cette fois avec Di Maria à la baguette, et un gardien adverse un peu aux fraises.

Trois buts sur phase arrêtée, c’est évidemment une première cette saison pour le PSG (et peut-être dans l’histoire du club en championnat). Cela porte à 7 le nombre de buts inscrits en Ligue 1 dans ce type de situation (source : Whoscored). En un seul match, le PSG a donc fait presque aussi bien que sur les 24 autres rencontres de championnat.

L’équipe de Thomas Tuchel, qui faisait partie des cancres de la Ligue 1 dans ce secteur, se retrouve désormais à la 4ème place. Bordeaux est 1er avec 10 buts.

Les Parisiens semblent en tous cas clairement sur la bonne voie dans ce domaine puisqu’avant ces 3 buts d’hier, ils avaient déjà trouvé l’ouverture sur corner plus tôt dans la semaine en coupe de France à Dijon (Thiago Silva). En championnat, Kehrer avait également inscrit un but sur corner face à Nantes il y a deux journées à peine. On peut également ajouter dans les buts inscrits récemment celui de Congé (Montpellier) contre son camp sur un corner de Di Maria.

Sur les quatre derniers matches de championnat, le PSG a donc marqué 5 fois sur corner. Cela permettra peut-être, au final, de faire au moins aussi bien que les saisons passées où le PSG a toujours inscrit 10 buts ou plus sur coup de pied arrêté.

Articles parus sur Culture PSG en février 2020

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